Alors que le tournoi approche à grands traits, un bras de fer diplomatique et sportif s’est engagé. Si Donald Trump et Gianni Infantino affichent une volonté d’accueil, les autorités iraniennes, marquées par le récent assassinat de l’ayatollah Ali Khamenei, excluent pour l’heure toute participation.
Mercredi 11 mars, le patron de la FIFA, Gianni Infantino, a tenté de dissiper les doutes concernant la sécurité et l’accueil de la “Team Melli” sur le sol américain. Via son compte Instagram, le dirigeant italo-suisse a révélé avoir reçu des garanties directes du président des États-Unis. Le président Trump a réaffirmé que l’équipe iranienne était bien entendu la bienvenue pour disputer le tournoi aux États-Unis”, a déclaré Infantino, saluant le pouvoir du football pour “unir le monde”. Cette main tendue, confirmée par la Maison Blanche, intervient dans un contexte paradoxal. Quelques jours plus tôt, Donald Trump s’était montré beaucoup plus cinglant , affirmant “se ficher complètement” d’un éventuel boycott d’un pays qu’il jugeait alors “à bout de force”.
Côté iranien, le ton est à l’indignation. Pour le ministre des Sports, Ahmad Donyamali, la participation au Mondial est devenue inenvisageable suite aux frappes américano-israéliennes et à l’assassinat du Guide suprême. L’assassinat de l’ayatollah Ali Khamenei rend, selon le ministre, toute collaboration avec l’administration Trump impossible. Mehdi Taj, président de la Fédération iranienne de football, s’interroge sur la pertinence d’envoyer une équipe nationale dans un pays impliqué dans un conflit direct avec le leur. La fédération est déjà fragilisée par la défection de plusieurs joueuses de l’équipe féminine lors de la récente Coupe d’Asie.
Si l’Iran devait officialiser son retrait, l’événement marquerait l’histoire de la Coupe du monde. Ce serait en effet la première fois depuis 1950 (retraits de la France et de l’Inde) qu’une nation qualifiée se désiste du tournoi final. Le calendrier est d’autant plus sensible que l’Iran est censé disputer ses trois matchs de poule exclusivement aux États-Unis : deux à Los Angeles et un à Seattle
Cet imbroglio souligne une nouvelle fois les liens étroits entre le patron du football mondial et le 47e président américain. Seul dirigeant sportif présent à l’investiture de Donald Trump, Gianni Infantino lui avait même remis un “Prix FIFA de la paix” l’an dernier. Pour les observateurs, cette diplomatie sportive est aujourd’hui percutée de plein fouet par la réalité de la guerre au Moyen-Orient.
Secondine GOZINGAN