Le président nigérian Bola Tinubu a défendu jeudi son bilan économique lors de son discours du 66e anniversaire de l’indépendance. Il promet une « ère de prospérité » après trois ans de réformes douloureuses, à quatre mois de la présidentielle.
Des indicateurs en hausse, un quotidien qui reste dur
Le président s’exprimait lors d’une adresse à la nation intitulée « De la réforme à la prospérité ». Il a affirmé que l’économie a progressé de plus de 4 % en 2026. Selon les données officielles, le PIB a crû de 4,43 % au deuxième trimestre, contre 3,89 % au premier. L’inflation est retombée à 15,1 %, contre un pic de 33,2 % en 2024. Les réserves de change ont été reconstituées et le marché des changes s’est stabilisé. Les vols de pétrole ont reculé. Les recettes d’exportation hors pétrole ont dépassé 6 milliards de dollars en 2025.
Des réformes douloureuses assumées
Bola Tinubu a défendu la suppression de la subvention aux carburants et la fin du régime de change qui maintenait artificiellement le naira. Ces décisions, saluées par les investisseurs, ont entraîné une forte dépréciation de la monnaie et une poussée inflationniste. Le chef de l’État a refusé tout retour en arrière. « L’ère de la réforme a fait son travail. Maintenant commence l’ère de la prospérité », a-t-il déclaré.
Une opposition qui conteste
Atiku Abubakar, candidat de l’ADC pour 2027, a vivement critiqué le discours. Il dénonce « la crise du coût de la vie la plus sévère » que traverse le pays. Peter Obi, candidat du NDC, accuse le gouvernement de « légèreté fiscale » dans la gestion du budget. Sur le front sécuritaire, l’APM affirme que plus de 7,78 milliards de nairas ont été versés en rançons entre juillet 2025 et juin 2026. La présidentielle est prévue le 16 janvier 2027. Dix-huit candidats sont en lice.
Aristide HAZOUME