L’Ouganda a lancé le 9 février 2026 le dépistage obligatoire de la drépanocytose chez les nouveau-nés. Cette maladie héréditaire tue près de 9 000 enfants avant l’âge de cinq ans chaque année.
Une maladie qui frappe 20 000 bébés chaque année
En Ouganda, environ 20 000 bébés naissent avec la drépanocytose chaque année. Près de 9 000 meurent avant leur cinquième anniversaire, selon le ministère de la Santé. La prévalence du trait drépanocytaire est de 13,3 % au niveau national. Le pays figure parmi les cinq plus touchés au monde. La maladie provoque des crises douloureuses et une anémie sévère. La fille d’Irene Nalukwago a été diagnostiquée à six mois. À 12 ans, elle est paralysée du côté gauche. Sa mère raconte : « Elle a subi des transfusions presque chaque semaine. »
Un dépistage obligatoire mais encore incomplet
Le 9 février 2026, l’Ouganda a rendu le dépistage néonatal obligatoire dans les hôpitaux publics. Le pays est l’un des premiers en Afrique subsaharienne à le faire. Le gouvernement vise 80 % des nouveau-nés dépistés d’ici 2028. Mais l’application reste difficile. Le dépistage n’est pas universel. Il ne couvre pas encore les naissances en clinique privée. Le délai de confirmation atteint quatre à six semaines. Des ruptures de stock d’hydroxyurée durent depuis six mois dans la région de Busoga. La ministre de la Santé, Diana Atwine, rappelle que « le dépistage néonatal permet une prise en charge précoce ». Un traitement par thérapie génique est en cours de recherche. Il reste encore inaccessible pour la majorité des patients.
Aristide HAZOUME