Les États-Unis font face à une résurgence spectaculaire de la rougeole. Avec 2 295 cas enregistrés depuis janvier, le pays n’avait pas connu un tel pic épidémique depuis 1991. Le recul de la couverture vaccinale est désigné comme le principal accusé de cette flambée sanitaire.
Une propagation record dans plusieurs États américains
La rougeole progresse à un rythme inédit outre-Atlantique. En seulement six mois, le bilan de 2026 a déjà dépassé celui de l’année précédente. D’après les données de l’Université Johns Hopkins, 2 295 cas ont été officiellement confirmés. Quarante-quatre États sont désormais touchés par ce virus hyper-contagieux, avec des foyers épidémiques majeurs en Caroline du Sud et dans l’Utah.
Pourtant, la maladie avait été déclarée éliminée sur le sol américain en 2000, grâce à une couverture vaccinale élevée qui brisait les chaînes de transmission. Aujourd’hui, ce bouclier collectif s’effrite : le taux de vaccination chez les enfants scolarisés en maternelle est tombé sous le seuil critique de 95 %, indispensable pour assurer l’immunité de groupe.
La baisse de la vaccination inquiète les autorités sanitaires
La majorité des personnes contaminées ne sont pas vaccinées ou le sont partiellement. Pourtant, le vaccin ROR reste d’une efficacité redoutable, protégeant 97 % des individus ayant reçu les deux doses. Si les enfants restent vulnérables, les adolescents et les adultes ne sont pas épargnés, révélant un rejet progressif des vaccins qui s’est accentué ces dernières années.
Cette défiance, alimentée par la désinformation et renforcée par la crise du Covid-19, fragilise durablement les politiques de prévention. Or, la rougeole n’est pas une maladie bénigne : elle expose à des complications sévères, telles que des pneumonies, des encéphalites ou des cécités. Avant l’ère vaccinale, elle provoquait chaque année des centaines de décès aux États-Unis. Face à cette résurgence alarmante, les autorités sanitaires américaines, à l’instar des CDC, exhortent la population à se faire vacciner et plaident pour un regain de confiance dans les programmes d’immunisation afin d’endiguer la flambée.
Aristide HAZOUME