Sécurité

Ukraine : La relève militaire ne calme pas les protestations

Le remplacement d’Oleksandr Syrskyi par le général Mykhaïlo Drapatyi à la tête des armées ukrainiennes n’a pas suffi à désamorcer la contestation. Si ce changement répondait à une revendication clé du mouvement, les manifestants estiment qu’il ne règle en rien les problèmes structurels du pays.

Un changement jugé insuffisant par la rue

En Ukraine, la mobilisation ne faiblit pas. L’ancien commandant en chef, Oleksandr Syrskyi, était la cible privilégiée des critiques ; son départ était perçu comme une première victoire pour les contestataires. En nommant le général Mykhaïlo Drapatyi, une figure respectée au sein de l’institution militaire, Volodymyr Zelensky espérait apaiser les tensions. Pourtant, cette décision laisse une large partie de la société insatisfaite.

À Lviv, dans l’ouest du pays, les rassemblements se poursuivent. Andriy Prokhorchuk, étudiant de 20 ans qui coordonne une partie du mouvement, résume le sentiment général : la crise actuelle dépasse la simple question du leadership militaire. « C’est tout le système qu’il faut réformer », martèlent les manifestants, qui jugent ce remplacement cosmétique. Des milliers d’Ukrainiens se réunissent désormais chaque soir dans les grandes villes pour exiger des comptes sur les choix présidentiels.

Des revendications qui dépassent le simple état-major

Au-delà du changement à la tête de l’armée, les contestataires réclament davantage de transparence politique. Ils demandent notamment le retour de Mykhaïlo Fedorov, dont la récente éviction du gouvernement a soulevé de vives interrogations (NDLR : Fedorov était vice-Premier ministre et ministre de la Transformation numérique, et non de la Défense). La composition de la nouvelle équipe dirigeante est scrutée de près, la lutte contre la corruption demeurant une préoccupation majeure. Les organisateurs insistent sur la nécessité pour le président de clarifier sa stratégie globale.

La contestation pourrait encore s’intensifier dans les jours à venir, avec de nouvelles actions prévues dans plusieurs régions. En l’absence d’élections nationales, suspendues par la loi martiale, ces rassemblements constituent pour les citoyens l’un des rares moyens d’exercer une pression politique. Le gouvernement se trouve dès lors face à un défi de taille : répondre aux aspirations internes sans compromettre l’effort de guerre contre la Russie.

Aristide HAZOUME

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