Sommet de l’OTAN à Ankara : Défense, Ukraine et tensions avec Trump
Le sommet de l’OTAN s’ouvre ce 7 juillet à Ankara, sous la présidence du secrétaire général Mark Rutte. Réunis pour deux jours, les dirigeants des 32 pays membres doivent arbitrer des sujets sensibles : hausse des dépenses militaires, soutien à l’Ukraine et avenir de l’engagement américain en Europe. Dans les coulisses, la situation des libertés publiques en Turquie s’invite également dans les échanges.
Les alliés sous pression pour renforcer leur défense collective
Réunis en session plénière, les chefs d’État et de gouvernement de l’Alliance atlantique examinent une nouvelle feuille de route stratégique, alors que le contexte géopolitique n’a jamais été aussi instable depuis la fin de la guerre froide. Au centre des débats, le président américain Donald Trump réclame une augmentation « significative et immédiate » des budgets militaires européens. Selon Washington, les États-Unis supportent toujours une part disproportionnée de la charge de la sécurité du continent, un déséquilibre que la Maison-Blanche n’entend plus tolérer.
Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a tenu à saluer les efforts déjà consentis : « Les alliés européens et le Canada ont augmenté leurs investissements de plus de 20 % depuis 2022. » Plusieurs contrats d’équipement et de mutualisation de capacités devraient être officialisés en marge du sommet.
Mais ces progrès ne suffisent pas à Donald Trump, dont l’administration évoque une refonte en profondeur de l’Alliance. Le concept d’une « OTAN 3.0 » moins centrée sur le parapluie américain, plus autonome en matière de défense – suscite des interrogations, voire des inquiétudes, dans plusieurs capitales européennes, qui redoutent un retrait partiel des troupes américaines stationnées sur le Vieux Continent.
Ukraine et état de droit : les deux dossiers sensibles du sommet
Invité pour la troisième fois consécutive, le président ukrainien Volodymyr Zelensky participe aux travaux. Il plaide pour un renforcement urgent des systèmes de défense aérienne, alors que la Russie a intensifié ses frappes sur les infrastructures civiles et énergétiques ces dernières semaines. Les alliés devraient réaffirmer leur soutien à Kiev, sans toutefois s’engager sur une adhésion rapide, toujours sujette à divisions.
Par ailleurs, le choix d’Ankara comme ville hôte ne doit rien au hasard : plusieurs organisations internationales et pays membres ont exprimé leur préoccupation face aux récentes arrestations d’opposants et aux restrictions visant des journalistes en Turquie. Ces critiques, bien que officiellement écartées des déclarations finales, ont nourri des échanges informels entre délégations.
Mark Rutte a toutefois rappelé en ouverture que « la démocratie et l’État de droit ne sont pas des options, mais des piliers constitutifs de notre Alliance ». Un message destiné à concilier les impératifs stratégiques avec les valeurs fondatrices de l’OTAN, alors que le sommet cherche à afficher un front uni face aux menaces extérieures.
Aristide HAZOUME





