USA : La DGSI rapatrie ses données vers la France
En tournant le dos au géant américain Palantir, la France accélère sa marche vers l’indépendance technologique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a officialisé le transfert de l’exploitation des données de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) vers l’Hexagone, désormais confié à la pépite tricolore ChapsVision.
La France tourne la page du partenariat Palantir
Le gouvernement français opère un virage stratégique majeur dans le secteur du renseignement. Sébastien Lecornu a acté le transfert progressif des données de la DGSI vers une solution française, mettant fin à une collaboration de plus de dix ans avec l’américain Palantir.
Né dans l’urgence après les attentats terroristes de 2015, ce partenariat répondait alors à une pénurie de technologies performantes en Europe. À l’époque, Palantir s’était imposé comme une référence incontournable pour l’analyse massive de données. Mais dix ans plus tard, Paris estime que le contexte a mûri. Les autorités françaises entendent désormais renforcer leur autonomie stratégique, et considèrent la maîtrise des infrastructures numériques comme un levier de souveraineté essentiel. Cette rupture assumée avec les technologies extra-européennes s’inscrit dans une politique volontariste de réduction des dépendances extérieures.
ChapsVision au cœur de la souveraineté numérique française
C’est la société hexagonale ChapsVision qui héritera de ce marché stratégique. Spécialiste de l’analyse de données et de l’intelligence artificielle, l’entreprise collabore déjà avec plusieurs institutions publiques et acteurs de la sécurité en Europe. Pour l’exécutif, ce changement de prestataire ne relève pas d’une simple logique économique, mais d’un impératif de contrôle national. « Nous devons éviter toute nouvelle dépendance stratégique dans le domaine numérique », a martelé le chef du gouvernement, qui insiste sur la nécessité de sécuriser l’accès aux outils d’IA utilisés par l’État. Cette orientation reflète une volonté plus large de bâtir une indépendance technologique française et européenne. Le basculement, qui s’étalera progressivement sur les prochaines années, doit permettre à la France de consolider son autonomie dans la gestion des données sensibles.
Un tournant pour la cybersécurité et les acteurs français
Cette réorientation marque une étape décisive pour la cybersécurité nationale et la protection des informations stratégiques. En privilégiant un champion local, la France confirme la montée en puissance des acteurs tricolores dans les secteurs régaliens. La souveraineté des données s’affirme ainsi comme le pilier central de la politique technologique française, envoyant un signal fort quant à sa capacité à se passer des géants étrangers du numérique. Une transformation qui place la sécurité intérieure et l’innovation française au cœur des enjeux de demain.
Aristide HAZOUME





