Alors qu’il achève une visite de deux jours au Japon, Emmanuel Macron se rend ce jeudi en Corée du Sud pour la deuxième étape de sa tournée asiatique. Une tournée marquée par des critiques répétées du président américain Donald Trump à son encontre.
Lors d’un déjeuner privé à la Maison-Blanche, avant un discours à la nation, Donald Trump a attaqué Emmanuel Macron sur le plan personnel. Il a fait référence à un incident très médiatisé survenu en mai 2025 au Vietnam, lorsque l’épouse du président français avait eu un geste brusque envers son mari lors d’une rencontre officielle. La vidéo de cette déclaration a brièvement été publiée sur la chaîne YouTube officielle de la Maison-Blanche avant d’être retirée.
Face à ces attaques, Emmanuel Macron a répondu avec retenue. « Ces propos ne sont ni élégants ni à la hauteur. Cela ne mérite pas de réponse », a-t-il déclaré depuis Séoul. Les critiques de Donald Trump portent également sur la politique française au Moyen-Orient. Le président américain reproche à la France de ne pas soutenir les opérations militaires menées par les États-Unis et Israël dans la région. Il a notamment dénoncé le refus de Paris d’autoriser le survol du territoire français par des avions israéliens.
Trump a ironisé sur la position française en imitant Emmanuel Macron : « Non, non, non… on ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée. » De son côté, Emmanuel Macron a rappelé la position française lors d’une interview accordée à la chaîne japonaise NHK. « La France n’a pas été consultée sur le lancement de ce conflit et n’y participe pas », a-t-il souligné.
Le président français a insisté sur la nécessité de la diplomatie et de la désescalade. « Rien ne serait pire que de bombarder la région pendant des semaines sans établir un cadre de coopération. Ce que nous prônons, c’est un cadre exigeant et concerté avec toutes les parties. » Emmanuel Macron a également plaidé pour la réouverture pacifique et ordonnée du détroit d’Ormuz, tout en critiquant la brutalité des frappes militaires, qu’il juge inefficaces pour résoudre durablement les crises.
Une tournée sous tension
Cette tournée asiatique met en lumière les divergences diplomatiques croissantes entre Paris et Washington. Elle souligne également la volonté de la France de jouer un rôle de médiateur pour la stabilité au Moyen-Orient, une position qui contraste avec l’approche plus interventionniste de l’administration américaine.
Aristide HAZOUME