Des bombardements russes ont tué plus de 20 personnes en Ukraine, à quelques heures d’une trêve annoncée mais fragile. Kiev et Moscou se renvoient la responsabilité des violations.
Des frappes meurtrières dans plusieurs villes ukrainiennes
Des bombardements russes ont fait au moins 22 morts le 5 mai 2026 dans plusieurs villes ukrainiennes. Les régions de Zaporijjia, Kramatorsk, Dnipro et Nikopol ont été touchées, selon les autorités locales, qui font également état de nombreux blessés. Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé un « cynisme absolu », accusant Moscou d’intensifier volontairement les frappes à la veille d’une trêve. Ces attaques s’inscrivent dans le conflit déclenché par la Russie en février 2022.
Moscou a proposé un cessez-le-feu les 8 et 9 mai, coïncidant avec les commémorations de la victoire soviétique de 1945, dont le défilé annuel sur la place Rouge. De son côté, Kiev a annoncé une trêve dès le 6 mai, appelant à une cessation immédiate des hostilités. Malgré ces annonces, les alertes aériennes se sont multipliées après minuit, notamment dans les régions de Kharkiv et Donetsk. Par ailleurs, une attaque de drones a visé la Crimée : Moscou fait état de cinq morts à Dzhankoi.
Méfiance mutuelle et enjeux stratégiques
Les deux camps affichent une profonde méfiance, chacun doutant que l’autre respecte ses engagements. Kiev rappelle que les précédentes trêves, notamment à Pâques, avaient été largement ignorées. Pour plusieurs analystes, ces annonces relèvent davantage de la stratégie politique et communicationnelle que d’une réelle volonté de paix. Selon Volodymyr Fessenko, politologue ukrainien, la trêve proposée par Kiev vise surtout à exposer les véritables intentions de Moscou.
Sur le plan militaire, la dynamique évolue légèrement. L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) estime que la Russie a perdu environ 120 km² en avril un recul limité, mais symbolique.
Aristide HAZOUME