Politique

3eme mandat : Les tensions politiques se ravivent en RDC

Les déclarations de Félix Tshisekedi sur un éventuel troisième mandat provoquent une vive polémique en RDC. Plusieurs opposants et mouvements citoyens dénoncent une menace contre la Constitution congolaise. Le débat intervient dans un contexte sécuritaire toujours instable dans l’est du pays.

L’opposition critique les propos de Félix Tshisekedi

Le président congolais, Félix Tshisekedi, a évoqué le mercredi 6 mai 2026 un possible troisième mandat présidentiel. Il a également mentionné un éventuel report de l’élection présidentielle de 2028. Le chef de l’État conditionne cette éventualité à l’organisation d’un référendum constitutionnel ainsi qu’à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est du pays. Plusieurs provinces orientales restent en effet affectées par des violences armées persistantes.

Ces déclarations ont immédiatement provoqué des réactions politiques à Kinshasa et au sein de la diaspora congolaise. L’opposant Delly Sesanga accuse désormais le pouvoir de préparer une modification constitutionnelle. Il appelle les forces démocratiques à s’opposer fermement à cette initiative. Depuis l’exil, l’ancien député Claudel-André Lubaya invoque l’article 220 de la Constitution congolaise. Ce texte interdit notamment toute révision concernant la limitation des mandats présidentiels. L’ancienne sénatrice Francine Muyumba rejette également toute perspective d’un troisième mandat. Elle annonce une mobilisation politique contre une éventuelle réforme constitutionnelle.

La société civile s’inquiète d’une révision constitutionnelle

Le mouvement citoyen La Lucha questionne la faisabilité d’un référendum dans les zones en guerre. L’organisation rappelle les difficultés électorales rencontrées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Plusieurs acteurs majeurs de l’opposition n’ont pas encore officiellement réagi. Martin Fayulu doit s’exprimer lors d’une conférence de presse prévue ce 8 mai. Le camp de Moïse Katumbi prépare également sa position officielle.

Du côté religieux, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) poursuit ses consultations internes. L’institution avait déjà mis en garde contre toute révision de l’article 220. Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi achèvera théoriquement son second mandat en 2028. La Constitution congolaise limite actuellement la présidence à deux mandats successifs.

Aristide HAZOUME 

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