Côte d’Ivoire : 243 migrants reviennent volontairement de Tunisie
La Côte d’Ivoire a accueilli ce week-end 243 migrants rapatriés volontairement depuis la Tunisie. Parmi eux, des hommes, des femmes et des enfants qui vivaient dans des conditions précaires. Beaucoup témoignent de violences subies, de parcours migratoires chaotiques et d’un profond soulagement à leur arrivée à Abidjan.
Des migrants ivoiriens rapatriés après plusieurs mois d’épreuves
Les autorités ivoiriennes ont organisé un nouveau retour volontaire depuis la Tunisie. Au total, 243 migrants ivoiriens sont arrivés à Abidjan durant le week-end. Ce vol spécial a été coordonné par les autorités ivoiriennes et tunisiennes, avec le soutien de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Parmi les rapatriés, on compte majoritairement des hommes, mais aussi des femmes et des enfants. Plusieurs d’entre eux vivaient depuis des mois dans une situation très précaire en Tunisie. Dès leur arrivée, les migrants ont été pris en charge dans un centre situé à Abobo, qui sert de structure de transit avant leur retour au sein de leurs familles.
Violences, détentions et traversées avortées
Beaucoup racontent des conditions de vie extrêmement difficiles, notamment à Sfax et dans d’autres villes tunisiennes. Ils évoquent des expulsions répétées et des violences policières. Certains affirment avoir tenté à plusieurs reprises de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, sans succès. D’autres ont passé plusieurs mois en détention pour défaut de titre de séjour régulier. Plusieurs migrants disent avoir perdu toutes leurs économies durant leur exil. Selon la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE), ces retours restent éprouvants sur le plan émotionnel. Beaucoup de rapatriés craignent le regard de leurs proches après cet échec migratoire.
Le gouvernement ivoirien mise sur la réinsertion locale
Face à ces situations, le gouvernement ivoirien veut renforcer les programmes de réintégration nationale. L’objectif est de convaincre les jeunes d’éviter les routes migratoires irrégulières, en misant sur l’emploi et la formation professionnelle. La DGIE affirme privilégier la sensibilisation plutôt que la dissuasion, et encourage les voies légales de migration. Certains migrants considèrent toutefois leur retour comme une seconde chance. Plusieurs souhaitent désormais reconstruire leur vie en Côte d’Ivoire.
Entre 2022 et 2025, près de 8 700 migrants ivoiriens sont rentrés volontairement dans leur pays. Un tiers d’entre eux venaient directement de Tunisie, avec l’appui de l’OIM, selon la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur. Les autorités ivoiriennes poursuivent ainsi leurs efforts pour accompagner les migrants de retour, tout en cherchant à limiter les départs clandestins vers l’Europe.
Aristide HAZOUME





