L’Allemagne a échoué à obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Lors du scrutin organisé par l’Assemblée générale, le Portugal et l’Autriche ont devancé Berlin. Une défaite inédite dans l’histoire diplomatique du pays depuis son adhésion à l’ONU.
Berlin devancé par Lisbonne et Vienne
L’Assemblée générale de l’ONU a procédé au renouvellement de plusieurs sièges au Conseil de sécurité. L’Allemagne, qui visait un mandat de deux ans, a vu ses ambitions contrariées par le résultat du scrutin secret. Le Portugal arrive en tête avec 134 voix, suivi de l’Autriche (131 suffrages). Berlin n’en recueille que 104, une performance historiquement faible pour une candidature allemande, pourtant déjà présente à six reprises au sein de l’instance onusienne. L’annonce officielle a eu lieu à New York sous la présidence de l’Assemblée générale. Rappel des règles : le Conseil de sécurité compte quinze membres cinq disposent d’un siège permanent et d’un droit de veto, les dix autres étant élus pour des mandats de deux ans.
Des choix diplomatiques au cœur des critiques
À Berlin, la déception est vive après ce revers inattendu. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a parlé d’une « défaite amère ». Plusieurs observateurs pointent des facteurs diplomatiques déterminants. Parmi eux : le soutien affirmé de l’Allemagne à Israël, une position qui a suscité des réserves dans plusieurs capitales, notamment parmi les pays du Sud global. Son engagement aux côtés de l’Ukraine face à la Russie est également évoqué comme un possible frein auprès d’États non-alignés.
Malgré une campagne active menée par le chancelier Friedrich Merz pour renforcer l’influence allemande dans les institutions internationales, cet échec intervient dans un contexte géopolitique tendu. Il soulève des questions sur la perception actuelle de la diplomatie allemande. L’Allemagne n’en demeure pas moins l’un des principaux contributeurs financiers de l’ONU et un acteur majeur du multilatéralisme mondial.
Aristide HAZOUME