La Tunisie atteint un niveau de fécondité historiquement bas, confirmant une mutation démographique profonde et durable au Maghreb. Selon l’Institut national d’études démographiques (INED), le pays passe sous le seuil critique de renouvellement des générations.
Baisse historique des naissances au Maghreb
L’INED observe un recul spectaculaire de la fécondité dans les trois pays maghrébins :
· Tunisie : 1,53 enfant/femme – le plus faible du Maghreb.
· Maroc : 1,97 – juste sous le seuil de remplacement.
· Algérie : 2,61 – en baisse après un rebond temporaire.
Le seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants/femme) est désormais dépassé à la baisse en Tunisie et au Maroc. La Tunisie devient le premier pays maghrébin à s’y installer durablement. Dans les années 1970, les femmes maghrébines avaient encore 7 à 8 enfants en moyenne. La chute s’est accélérée depuis 2014, surtout en Tunisie.
Mutations sociales et vieillissement accéléré
Les chercheurs pointent plusieurs causes :
· Mariage tardif et célibat prolongé (surtout avant 40 ans en Tunisie).
· Allongement des études : les femmes constituent 60 % des effectifs du supérieur.
· Difficultés d’insertion professionnelle qui repoussent les projets familiaux.
Par ailleurs, le vieillissement démographique s’intensifie. En Tunisie, la part des 60 ans et plus a bondi de 8 % (1997) à 17 % (2024) le rythme le plus rapide du Maghreb.
Les spécialistes alertent sur deux enjeux majeurs :
· Protection sociale sous pression financière.
· Population active en moindre renouvellement.
L’INED : cette transition redessine en profondeur les équilibres sociaux, économiques et démographiques de la Tunisie et de l’ensemble du Maghreb.
Aristide HAZOUME