Piraterie en mer Rouge : 44 marins captifs
L’Organisation maritime internationale (OMI) tire la sonnette d’alarme. Quarante-quatre marins sont actuellement séquestrés au large de la Somalie, victimes d’une résurgence inquiétante des actes de piraterie dans le golfe d’Aden et en mer Rouge.
Un regain d’activité préoccupant
Ces marins appartiennent aux équipages de trois navires détournés entre les mois d’avril et de mai derniers. Parmi les bâtiments capturés figurent une boutre traditionnelle, un petit cargo ainsi qu’un pétrolier, des cibles de petite taille délibérément choisies par les pirates. Selon les spécialistes de la sécurité maritime, ces navires disposent de dispositifs de protection moins robustes que les grands porte-conteneurs, ce qui facilite les opérations d’abordage.
L’Organisation maritime internationale exige la libération immédiate des otages et affirme maintenir des contacts réguliers avec les équipages concernés. Le Bureau maritime international (BMI), qui suit ces dossiers de près, confirme la situation mais son directeur, Cyrus Mody, refuse de divulguer des informations personnelles sur les captifs, par souci de sécurité.
Une vague d’incidents sans précédent
L’OMI déplore au moins 24 incidents répertoriés ces derniers mois dans les eaux stratégiques de la mer Rouge et du golfe d’Aden. Ces actes incluent des tentatives d’abordage, des attaques armées et des tirs directs contre des navires marchands. Pour Cyrus Mody, la menace pirate connaît une progression marquée : “L’activité est nettement supérieure à celle observée l’année dernière”, a-t-il souligné.
Un relâchement de la surveillance en cause
Les experts s’accordent sur une analyse : ce retour en force des pirates coïncide avec un affaiblissement temporaire des dispositifs de surveillance navale. Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime, explique ce phénomène par un redéploiement des moyens militaires occidentaux vers d’autres zones de crise. “Cette mobilisation réduit la pression exercée sur les routes commerciales de l’Est africain, offrant une fenêtre de tir aux groupes opérant depuis les côtes somaliennes”, analyse-t-il.
Appels à la vigilance face au défi sécuritaire
Face à cette menace croissante, l’agence britannique de sécurité maritime a appelé l’ensemble des navires transitant par la zone à une vigilance extrême, les exhortant à renforcer leurs protocoles de sûreté et à signaler tout comportement suspect.
Si la communauté internationale maintient une présence navale dans ce corridor stratégique, où transitent des milliers de navires chaque année, les autorités somaliennes et leurs partenaires régionaux restent confrontés à un défi sécuritaire majeur. La lutte contre la piraterie, bien que toujours prioritaire, peine à endiguer complètement ce fléau, qui menace à nouveau l’un des axes commerciaux vitaux de la planète.
Aristide HAZOUME





