Hakan Fidan a visité Tripoli et Benghazi pour la première fois. Ankara veut jouer les réconciliateurs entre les deux camps libyens. Cette offensive diplomatique survient dans un contexte sécuritaire très dégradé.
Le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, a effectué une visite inédite de deux jours en Libye les 11 et 12 août. Pour la première fois, il s’est rendu à la fois à Tripoli (ouest) et à Benghazi (est). Il a rencontré le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah et le maréchal Khalifa Haftar. Cette double visite illustre le rééquilibrage de la stratégie turque.
Ankara, l’un des pays les plus influents en Libye, veut consolider sa présence. Elle se pose désormais en tant que puissance réconciliatrice. « Nous continuerons à jouer notre rôle constructif », a déclaré Fidan. La Turquie soutient le dialogue entre l’est et l’ouest pour une « Libye unie ». « Cette visite a été une manifestation concrète de notre politique “d’une seule Libye” », a-t-il insisté.
Des relations économiques et militaires stratégiques
Pour la Turquie, la coopération sécuritaire avec la Libye est « un élément stratégique ». Ankara est aussi un important partenaire économique. Les entreprises turques mènent de nombreux projets dans l’industrie, l’énergie et la construction. Fidan a appelé à accroître ces investissements.
Une visite émaillée par des violences
Cette visite a été marquée par des troubles graves. Des drones ont frappé à plusieurs reprises le complexe pétrolier de Zawiya. Une attaque a également visé une centrale électrique. Par ailleurs, le chef du renseignement militaire de l’est, Fawzi Al-Mansouri, a été tué à Benghazi par l’explosion de sa voiture. Les États-Unis ont condamné ces violences. Ces événements fragilisent les efforts de réunification, alors que la Libye reste divisée entre deux exécutifs rivaux.
Aristide HAZOUME