L’Allemagne, l’Italie et quatre autres États membres proposent un prélèvement européen sur les bénéfices exceptionnels des compagnies pétrolières. La mesure serait discutée en septembre à Dublin.
Les ministres des Finances de six pays européens ont adressé une lettre commune à l’Irlande, présidente tournante de l’UE . L’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Pologne, le Portugal et l’Espagne demandent l’inscription d’une taxe exceptionnelle à l’ordre du jour de la réunion de septembre.
Des profits qui dépassent la hausse du brut
La lettre, consultée par l’AFP samedi 22 août, est sans équivoque. “Les compagnies pétrolières bénéficient d’une rentabilité globale et de marges qui dépassent la hausse du pétrole brut” . Les géants du secteur ont profité du blocage du détroit d’Ormuz pour accroître leurs prix. La crise du détroit d’Ormuz, déclenchée en février 2026 par des frappes américano-israéliennes, a provoqué un choc pétrolier historique . Le prix du Brent a dépassé les 100 dollars, atteignant 126 dollars au plus fort. Environ 20 % du pétrole mondial transite par cette voie stratégique .
Un précédent en 2022
Les six pays proposent de taxer ces bénéfices puis de reverser les sommes aux consommateurs . Le ministre allemand Lars Klingbeil est catégorique : “Les bénéfices excessifs liés à la crise doivent être reversés aux consommateurs” . Les énergéticiens ne doivent pas “plumer” les ménages en cette période de crise.
Une mesure similaire avait été mise en œuvre au début de la guerre en Ukraine. Elle pourrait servir de modèle. Mais l’UE n’a pas encore indiqué sa position sur ce nouveau prélèvement . Des divergences subsistent en Allemagne. Le SPD de Lars Klingbeil soutient la taxe. La CDU du chancelier Friedrich Merz s’y oppose. Le débat promet d’être animé lors de la réunion des ministres des Finances à Dublin.
Aristide HAZOUME