L’ancien grand mufti et proche de Bachar el-Assad a été condamné à la perpétuité. Il est la dixième figure du régime déchu jugée par la justice syrienne.
Le tribunal de Damas a condamné Ahmed Badreddine Hassoun à la prison à perpétuité ce lundi 24 août. L’ancien grand mufti était une figure centrale de l’appareil idéologique du régime déchu. Il a été reconnu coupable d’incitation intentionnelle au meurtre. Le tribunal l’a aussi jugé coupable d’abus de fonction et d’incitation à la haine confessionnelle. Âgé de 76 ans, Hassoun a été arrêté en mars 2025 à l’aéroport de Damas. Il tentait de quitter la Syrie après la chute du régime en décembre 2024. Le responsable religieux était surnommé le « mufti des barils d’explosifs ». Il a occupé le plus haut poste religieux pendant plus de 16 ans.
Un symbole de la répression
Sa condamnation est la dixième prononcée contre un proche d’Assad. Le 11 août, Bachar el-Assad et son frère Maher ont été condamnés à mort par contumace. Cinq autres ex-responsables ont également reçu la peine capitale. Son cousin Wassim el-Assad a aussi été condamné à mort. En 2021, Hassoun avait perdu son poste après un faux pas. Lors des funérailles d’un chanteur, il avait livré une interprétation personnelle d’un verset coranique. Ce tollé avait provoqué sa disgrâce.
Un appel à une justice impartiale
Human Rights Watch a critiqué les condamnations à mort. L’ONG exhorte les nouvelles autorités à une justice transitionnelle centrée sur les victimes. « Il faut un système capable de rendre une justice compétente et impartiale », a plaidé Balkees Jarrah. Cette condamnation marque une étape dans la justice syrienne. Mais des observateurs réclament un processus incluant tous les crimes commis depuis 2011.
Aristide HAZOUME