économie

Uber quitte le Nigeria : Les chauffeurs dénoncent une annonce brutale

La plateforme américaine de VTC a cessé ses activités au Nigeria et en Ouganda le 2 septembre. Après douze ans de présence, ce retrait surprise plonge des milliers de conducteurs dans l’incertitude. Le groupe supprime par ailleurs 3300 postes dans le monde.

Uber a justifié son départ par un « examen approfondi de ses activités ». La décision est effective immédiatement. L’entreprise était présente au Nigeria depuis 2014. Elle a débuté ses opérations à Lagos avant de s’étendre à plusieurs grandes villes. Le retrait concerne également l’Ouganda. En parallèle, le PDG Dara Khosrowshahi a annoncé une réduction de 10 % des effectifs mondiaux. Les conducteurs ont appris la nouvelle sur les réseaux sociaux. Aucune notification n’a été envoyée via l’application. « Cela m’a vraiment choqué », témoigne Kehinde Abdulraheem, chauffeur à Lagos. Le syndicat AUATON a qualifié cette décision d’« irresponsable et non professionnelle ».

 Des conséquences lourdes pour les conducteurs

De nombreux chauffeurs avaient financé leur véhicule via des partenaires comme Moove. Ils craignent désormais de ne plus pouvoir rembourser leurs prêts. La flambée du carburant aggrave leur situation. Le prix du litre atteint 1360 nairas, contre 200 en 2023. La suppression des subventions et la guerre en Iran ont fait exploser les coûts. Bolt et inDrive ont affirmé leur volonté de rester au Nigeria. inDrive a qualifié le départ d’Uber de « surprise ». La plateforme propose des commissions plus basses, autour de 10 %. Bolt mise sur le long terme pour renforcer ses opérations. Le marché nigérian des VTC reste prometteur, évalué à 450 millions de dollars en 2025. Le départ d’Uber ouvre un espace pour ses concurrents.

Aristide HAZOUME

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