Une centaine de manifestants ont attaqué jeudi un campement de migrants à Durban. La police a procédé à une arrestation après des jets de pierres. Cinq Congolais, dont deux enfants, ont été blessés.
La manifestation a éclaté sur la rue Che Guevara. Le groupe March and March réclamait le départ des sans-papiers. Les migrants vivent sur ce site depuis treize semaines. Ils ont fui des violences xénophobes antérieures. Les manifestants, armés de bâtons, ont saisi des effets personnels. Des échauffourées ont rapidement éclaté entre les deux camps. Un ressortissant étranger a jeté une pierre sur un policier. Il a été immédiatement interpellé. L’évêque Raphaël, représentant des Congolais, dénonce une attaque injustifiée. « Nous ne commettons aucun crime en étant ici », a-t-il déclaré. Le leader de March and March, Lindani Xulu, a été blessé. Il accuse la police de protéger les « immigrés illégaux ».
Une vague de violences meurtrière
Ce mouvement anti-migrants a déjà fait au moins quatre morts. La police sud-africaine confirme ce bilan. Plusieurs gouvernements étrangers estiment le nombre plus élevé. Plus de 200 000 personnes ont quitté le pays. Les rapatriements massifs ont été organisés par divers États africains. Durban est devenue l’épicentre de cette crise migratoire. Le président Ramaphosa a exprimé sa « honte » face aux discriminations. Des groupes comme Operation Dudula alimentent les tensions. Le pays accueille pourtant des millions de réfugiés. L’équilibre entre fermeté et protection reste fragile.
Aristide HAZOUME