Politique

Ceuta : Sánchez écarte la responsabilité du Maroc

Le Premier ministre espagnol a défendu jeudi sa gestion de la crise migratoire de Ceuta. Devant le Parlement, il a exclu toute « preuve solide » d’une implication de Rabat. Il a en revanche reconnu un relâchement du contrôle frontalier marocain.

Près de 72 000 migrants ont tenté de rejoindre Ceuta les 30 et 31 juillet. Un afflux sans précédent pour cette enclave de 84 000 habitants. Le bilan humain s’élève désormais à 141 morts. Environ 5 000 personnes, dont 1 200 mineurs, sont toujours sur place. La veille, des dizaines de milliers d’Espagnols ont manifesté contre le gouvernement. L’opposition, menée par Alberto Feijóo, réclame la démission de Sánchez. Un rapport de police a relancé les tensions. Il évoque une « permissivité totale » des forces marocaines.

 Sánchez refuse d’accuser Rabat

« Aucune preuve solide n’existe », a martelé le chef du gouvernement. Si des éléments apparaissaient, l’Espagne agirait « avec toute la fermeté nécessaire ». Il a cependant reconnu une faille de dix heures le 30 juillet. Les autorités marocaines ont laissé les traversées se poursuivre. Sánchez ignore si cette inaction était volontaire.

Souveraineté et relations diplomatiques

Le Premier ministre a fermement réaffirmé la souveraineté espagnole. « Ceuta et Melilla restent espagnoles jusqu’à la fin des temps ». Il a dénoncé les déclarations « inacceptables » de deux ministres marocains. L’ambassadrice du Maroc a été convoquée le 21 août. Sánchez a invité le roi Felipe VI à visiter les deux enclaves.

Aristide HAZOUME

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