L’ancien chef de guerre centrafricain a été condamné mercredi à N’Djamena. La justice tchadienne clôt un dossier vieux de plus de vingt ans.
La chambre criminelle de N’Djamena a rendu son verdict mercredi. Abdoulaye Miskine écope de quinze ans de prison ferme. Ses trois coaccusés sont condamnés chacun à dix ans. Ils devront verser solidairement 30 millions de francs CFA par victime. Le parquet avait initialement requis trente ans de réclusion. De son vrai nom Koumtamadji Martin, il dirigeait la garde présidentielle centrafricaine. Il est incarcéré depuis fin 2019 à la maison d’arrêt de Klessoum. Les faits jugés remontent aux années 2002 et 2003. Ils concernent plusieurs localités frontalières entre Tchad et Centrafrique. Tissi, Batangafo et Kabo figurent parmi les zones concernées. La cour a retenu association de malfaiteurs, torture et assassinat. Des circonstances atténuantes ont été accordées à l’ensemble des accusés.
Une décision contestée des deux côtés du procès
L’avocat des parties civiles regrette l’absence de qualification en crime contre l’humanité. Cette requalification aurait pu entraîner une peine de perpétuité. Il évoque toutefois un soulagement pour les familles de victimes. Ces dernières attendaient une décision depuis plus d’une décennie. La défense dénonce de son côté un jugement dépourvu de preuves. Elle qualifie cette condamnation de décision à caractère politique. Un pourvoi en cassation a été annoncé dès jeudi matin. L’affaire sera donc portée devant la Cour suprême tchadienne. Le maintien en détention pendant sept ans avant procès interroge des observateurs. Les relations entre Tchad et Centrafrique influencent historiquement ce type de dossier.
Aristide HAZOUME