Aliko Dangote annonce une raffinerie de 16 milliards de dollars au Kenya. Il appelle l’Afrique à transformer ses matières premières sur le continent.
Aliko Dangote a présenté son projet mardi à Nairobi. Il doit poser la première pierre mercredi 30 septembre 2026. La raffinerie sera construite à Lamu, sur la côte kényane. Le coût est estimé à 16 milliards de dollars. Sa capacité atteindra 700 000 barils par jour. Le chantier doit durer environ 30 mois. Le milliardaire nigérien était face à des journalistes à Nairobi. Il a répondu aux questions de l’AFP.
« D’ici 2030, la majorité des pays africains seront autosuffisants », a-t-il déclaré. « L’essentiel est que le raffinage se fasse sur le sol africain. » Selon lui, le continent exporte près de 5 millions de barils par jour. Il en raffine encore une faible partie. L’Afrique doit cesser d’exporter ses matières premières. Elle doit arrêter d’importer des produits finis plus chers. Dangote dénonce une logique qui exporte des emplois. Il plaide pour une industrialisation locale des ressources.
Un projet contesté en justice
Le projet fait face à une procédure judiciaire à Malindi. Cent trente-trois habitants de Lamu ont saisi le tribunal. Ils dénoncent une atteinte à leurs droits fonciers. Ils redoutent des expulsions forcées sans plan de relogement. Une juge a ordonné la suspension du chantier. L’affaire sera réexaminée le 14 octobre prochain. Greenpeace Africa demande une étude d’impact indépendante. L’organisation alerte sur les risques environnementaux. Dangote minimise ces contestations. « Il y a des gens qui ne veulent pas du développement de l’Afrique », a-t-il répondu.
Un approvisionnement en brut à sécuriser
L’origine du pétrole brut reste incertaine. Les pays d’Afrique de l’Est développent lentement leurs réserves. Dangote affirme pouvoir s’approvisionner au Moyen-Orient. Les États-Unis figurent aussi parmi les sources possibles. Le Kenya, la Tanzanie et le Mozambique pourraient fournir plus tard. Pour l’homme d’affaires, l’Afrique ne peut pas attendre. « Nous devons nous attaquer à cette question dès aujourd’hui », a-t-il insisté. Le groupe Dangote exploite déjà une raffinerie à Lekki, au Nigeria. Celle-ci a la même capacité de 700 000 barils par jour. Le projet de Lamu s’inscrit dans le corridor LAPSSET. Il comprend des pipelines, des routes et une centrale électrique. Les autorités kényanes espèrent créer 60 000 emplois.
Aristide HAZOUME