Le pape Léon XIV a lancé mercredi un appel au dialogue face à la reprise des combats au Tigré. Il a exhorté les belligérants à choisir la voie de la paix. L’ONU alerte sur un risque de nouvelle guerre.
Le pape Léon XIV a lancé un appel solennel mercredi 30 septembre 2026. Il s’exprimait à l’issue de l’audience générale place Saint-Pierre. Il a dit suivre « avec une profonde inquiétude » la situation au Tigré. Les hostilités ont repris le 23 septembre entre l’armée fédérale et le TPLF. « Les conflits armés ne résolvent jamais les problèmes », a déclaré le souverain pontife. « Ils ne font que les aggraver, laissant une traînée de mort et de destruction. » Il a exhorté toutes les parties à choisir le dialogue. « Seul un engagement sincère peut jeter les bases d’une paix durable. » Il a aussi appelé à un acheminement urgent de l’aide humanitaire.
Une guerre qui brise l’accord de Pretoria
Les combats ont éclaté le 22 septembre dans le nord de l’Éthiopie. Le TPLF a lancé une offensive contre les forces fédérales. Les affrontements se sont étendus à l’Amhara et à l’Afar. L’armée éthiopienne a affirmé avoir tué 272 rebelles le 24 septembre. Le TPLF a pris la localité d’Erebti dans l’Afar. Cette reprise des violences brise l’accord de paix de Pretoria signé en novembre 2022. Cet accord avait mis fin à la guerre de 2020-2022. Ce conflit a fait au moins 600 000 morts selon l’Union africaine. Des dispositions clés n’ont jamais été appliquées.
Une crise humanitaire majeure
L’ONU a alerté lundi sur un risque de nouvelle guerre. Les télécommunications sont perturbées dans la région. Les vols vers le Tigré sont suspendus. Des routes sont bloquées. Ces restrictions entravent l’acheminement de l’aide humanitaire. Un drone a frappé un camion d’aide aux déplacés dimanche. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme s’est dit alarmé. Des frappes aériennes ont touché cinq écoles au Tigré le 22 septembre. Le CICR a évacué 161 personnes de Mekele vers l’Afar. L’Union européenne a alloué 61 millions d’euros d’aide humanitaire. Le pape espère une contribution « généreuse » de la communauté internationale.
Aristide HAZOUME