L’avocat nigérien Abdourahamane Lirwana a comparu mardi 6 octobre 2026 devant le tribunal de grande instance hors classe de Niamey. Le parquet a requis cinq ans de prison ferme et cinq millions de francs CFA d’amende pour une publication sur Facebook.
Une comparution sous tension à Niamey
Me Lirwana est détenu à la maison d’arrêt de Niamey depuis le 22 septembre 2026. Il est poursuivi pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public ». Cette infraction relève de la loi sur la cybercriminalité. L’audience s’est tenue mardi 6 octobre. L’avocat était assisté de plusieurs confrères. La défense avait saisi la Cour d’État la veille. Elle demandait le transfert du dossier pour garantir un procès équitable. Cette requête a été rejetée. Les avocats ont alors décidé de ne pas plaider. Ils ont conseillé à leur client de garder le silence.
Des publications sur l’armée à l’origine des poursuites
Les poursuites font suite à un message publié le 12 septembre 2026. Me Lirwana y évoquait des divisions au sein de l’armée nigérienne. Il écrivait : « Notre armée en deux clans, un clan pour Issoufou et un clan pour Bazoum ». L’avocat est une figure de la société civile nigérienne. Il est membre du Mouvement patriotique pour une citoyenneté responsable. Il avait soutenu le CNSP après le coup d’État de juillet 2023. Il critique désormais régulièrement le pouvoir en place. En 2018, il avait déjà été condamné à deux ans de prison, dont un avec sursis. L’affaire a été mise en délibéré. Le tribunal rendra sa décision le mardi 13 octobre 2026. La FIDH a dénoncé une détention arbitraire. Elle appelle à la libération immédiate de l’avocat. Selon ses soutiens, Me Lirwana garde le moral.
Aristide HAZOUME