La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a infligé, ce lundi 13 juillet 2026, une peine historique à Me Magloire Yansunu. Le septuagénaire écope de sept ans de prison ferme pour abus de confiance et blanchiment de capitaux. Une décision qui dépasse largement les réquisitions du parquet.
Le verdict est tombé peu avant 10h30, dans la salle d’audience de la Criet. Appelé à la barre, Me Yansunu est resté stoïque. Le président l’a déclaré coupable, provoquant la stupéfaction dans l’assistance. L’avocat a confirmé la sentence en montrant le chiffre sept avec ses doigts. Cette condamnation serait une première au Bénin pour un avocat. Les conseils du prévenu se disent atterrés. Ils ont annoncé leur intention de faire appel. Le procureur avait pourtant requis une peine bien moindre : trois mois ferme et deux ans avec sursis.
Une affaire d’indemnité de licenciement
Le litige oppose l’avocat à l’un de ses anciens clients. Ce dernier réclamait le versement intégral d’une indemnité de licenciement abusif. Le client a porté plainte après un désaccord sur les honoraires. La défense a soutenu que la somme correspondait à ses émoluments, après dix-sept ans de collaboration. Me Yansunu avait déjà remboursé six millions de FCFA au plaignant.
Un vétéran des prétoires sous les verrous
Me Magloire Yansunu est une figure du barreau béninois. Il compte près de quarante ans de carrière. Communiste actif sous le régime révolutionnaire de 1972, il a défendu des dossiers sensibles. L’affaire Steve Amoussou figure parmi ses combats célèbres. Le barreau s’est dit solidaire de son confrère. Me Enosch Chadaré a rappelé la présomption d’innocence et la possibilité d’un recours. Outre la peine de prison, la Criet a infligé une amende de 28 millions de FCFA. L’avocat doit également verser environ 3,6 millions de FCFA au plaignant. Placé en détention provisoire depuis le 13 avril 2026, il demeure incarcéré.
Aristide HAZOUME