La Cour pénale internationale (CPI) a reconnu coupable, mercredi 23 septembre 2026, l’ancien commandant rebelle centrafricain Mahamat Saïd Abdel Kani. Âgé de 56 ans, il a été déclaré coupable de quatre chefs de crimes contre l’humanité. Les faits ont été commis en 2013 à Bangui, alors que le pays sombrait dans la guerre civile. La peine sera prononcée ultérieurement.
Un centre de détention sous son contrôle direct
Mahamat Saïd Abdel Kani dirigeait l’Office central de répression du banditisme (OCRB), une unité spéciale de police à Bangui. Selon la cour, il a supervisé des passages à tabac et des mauvais traitements sur des prisonniers. Des témoins ont décrit des cellules exiguës aux murs marqués de « trous de balles et de sang ». D’autres victimes ont été détenues dans une pièce sans fenêtre, sous le plancher de son bureau. La juge présidente Miatta Maria Samba a détaillé des méthodes de torture, dont l’« arbatachar » : les mains, coudes et pieds liés dans le dos.
Des acquittements partiels et un procès de quatre ans
Mahamat Saïd Abdel Kani a été acquitté de trois chefs d’accusation de crimes de guerre. Il avait plaidé non coupable à l’ouverture de son procès en 2021. Le procès, qui a duré quatre ans, s’est achevé le 23 septembre 2026. Il s’agit du dernier dossier centrafricain devant la CPI. Vêtu d’un pull bleu et d’un jean, l’accusé a secoué la tête à plusieurs reprises pendant la lecture du verdict.
Aristide HAZOUME