Politique

Crise politique dans la capitale malgache : L’élection d’Harilala Ramanantsoa annulée par le Conseil d’État

 

Saisie après le scrutin contesté de décembre 2024, la plus haute juridiction administrative a rendu son verdict ce lundi 9 mars 2026. Jugée responsable de fraudes massives, la maire sortante est démise de ses fonctions, plongeant la capitale malgache dans une période d’incertitude institutionnelle.

Le couperet est tombé. Le Conseil d’État a officiellement annulé les voix d’Harilala Ramanantsoa, candidate du parti Irmar, marquant un coup d’arrêt brutal pour la majorité liée à l’ex-président Andry Rajoelina.

La justice administrative ne s’est pas contentée d’écarter la maire : elle a également prononcé la dissolution du Conseil municipal. Ce scrutin du 11 décembre 2024, dont les résultats avaient été proclamés en janvier 2025 dans un climat de vive tension, est désormais frappé de nullité en raison de l’ampleur des irrégularités constatées.

Si ce jugement sonne comme une victoire morale pour l’opposition, il laisse un goût amer au camp de Tojo Ravalomanana. Bien que la justice ait validé ses propres suffrages, l’ancien rival de la maire sortante ne sera pas investi pour autant. Ses avocats pointent du doigt une « incohérence » juridique : le verdict impose la tenue d’un nouveau scrutin général plutôt que la reconnaissance du second candidat arrivé en tête. Une décision qui prive l’opposition d’une prise de pouvoir immédiate par les urnes.

La capitale se retrouve aujourd’hui dans une situation complexe. La dissolution simultanée de la mairie et du Conseil municipal empêche toute passation de pouvoir classique à un adjoint. Selon la législation en vigueur, deux scénarios se dessinent pour assurer la continuité du service public. L’intérim assuré par le Secrétaire général de la commune, la nomination d’un Président de la Délégation Spéciale (PDS) directement par le gouvernement malgache.

En attendant la suite des événements, la Ville des Mille repasse sous la tutelle directe de l’État. Ce retour à la case départ force les électeurs d’Antananarivo à se préparer pour de nouvelles élections municipales, qui devront légalement se tenir dans un délai de 120 jours.

Secondine GOZINGAN

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