La justice américaine a engagé jeudi de nouvelles poursuites pour « complot en vue de commettre des actes de torture » contre Nicolás Maduro et Cilia Flores. Le couple, détenu à New York depuis janvier, est déjà poursuivi pour narcotrafic. Le procès est fixé au 1er juin 2027.
Le département de la Justice a dévoilé jeudi un acte d’accusation complété contre l’ancien président vénézuélien et son épouse. Nicolás Maduro, 63 ans, et Cilia Flores, 69 ans, sont désormais poursuivis pour « complot en vue de commettre des actes de torture ». Cette nouvelle charge s’ajoute au narcotrafic, à l’importation de cocaïne et aux infractions liées aux armes. Selon le document d’une trentaine de pages, le régime Maduro a soumis des citoyens américains à la torture. Les sévices incluent des décharges électriques, des passages à tabac et des simulations de noyade. « Il a autorisé l’usage de la torture contre des individus spécifiques », indique l’acte d’accusation.
Un système de répression organisé
Le procureur décrit un système de répression mis en place entre mars 2013 et janvier 2026. Des opposants politiques ont été électrocutés, roués de coups ou placés à l’isolement prolongé. Cilia Flores aurait contribué à développer ce dispositif et ordonné la torture de certaines personnes. Trois citoyens américains figurent parmi les victimes citées. L’un a été forcé de manger ses propres vomissements. Un autre a reçu une arme dans la bouche. Un troisième a subi une lésion oculaire permanente. Le procureur affirme que ce système visait à maintenir le couple au pouvoir.
Une demande de libération rejetée
Cilia Flores a comparu jeudi pour demander sa libération sous caution. Ses avocats évoquent un prolapsus de la valve mitrale nécessitant un cathétérisme cardiaque. Ils proposent une résidence surveillée à Manhattan, avec un bracelet GPS et une sécurité privée. Le juge Alvin Hellerstein a rejeté cette demande. Il a ordonné son transfert vers une installation médicale adaptée. La défense a déposé un recours d’urgence. Un nouveau procureur spécial a été nommé pour superviser l’affaire.
Aristide HAZOUME