Plus de 3 700 Yéménites ont fui les combats vers Djibouti depuis septembre. Dans le même temps, plus de 20 000 migrants éthiopiens ont pris la direction inverse. Les Houthis étendent leur influence en Somalie. Les puissances régionales se disputent le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb.
La guerre au Yémen provoque des mouvements de population massifs dans les deux sens. Depuis le 10 septembre, plus de 3 700 Yéménites ont traversé le golfe d’Aden pour rejoindre Djibouti. Ils arrivent épuisés, entassés dans des bateaux surchargés, avec peu de nourriture et d’eau. La plupart sont des femmes et des enfants. Dans le sens inverse, l’OIM a enregistré plus de 20 000 entrées de migrants éthiopiens à Djibouti depuis le 10 septembre. Ces personnes tentent de rejoindre les pays du Golfe via le Yémen. Entre le 20 et le 30 septembre, plus de 3 000 migrants sont restés bloqués dans des zones désertiques djiboutiennes.
Les Houthis s’implantent en Somalie
Les rebelles houthis cherchent à étendre leur influence au-delà du Yémen. Selon un rapport du centre de recherche Century International publié en août 2026, ils se sont rapprochés des shebabs en Somalie. Des centaines de combattants somaliens se sont rendus dans l’ouest du Yémen pour recevoir une formation militaire. Cette coopération reste transactionnelle. Les shebabs veulent accéder aux technologies de drones et d’armes houthies. Les Houthis, eux, y gagnent des relais logistiques et un meilleur contrôle du Bab el-Mandeb. L’ampleur exacte de cette alliance demeure difficile à établir.
Bab el-Mandeb, un détroit sous tension
Le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, attise les convoitises. Israël a reconnu le Somaliland en décembre 2025. Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud affirme qu’Israël prévoit d’établir une base navale à Berbera. « Nous n’accepterons en aucun cas une présence israélienne dans notre pays », a-t-il déclaré. Les Émirats arabes unis disposent déjà d’intérêts portuaires à Berbera. L’Arabie saoudite cherche à sécuriser la mer Rouge pour ses exportations pétrolières. Au Yémen, les combats ont déplacé plus de 201 000 personnes depuis août. Le plan humanitaire n’est financé qu’à 20 %.
Aristide HAZOUME