La Hongrie a ordonné le départ de dix diplomates russes. C’est la première expulsion de ce type depuis 2018.
La ministre des Affaires étrangères Anita Orbán a annoncé cette décision mardi. Dix membres de la représentation russe sont concernés directement. Leurs activités enfreindraient la Convention de Vienne selon Budapest. La nature exacte des faits reprochés n’a pas été précisée. La Hongrie a exigé leur départ immédiat du territoire national. Budapest affirme vouloir maintenir malgré tout ses relations avec Moscou. Sur quarante-sept employés de l’ambassade russe, quinze seraient liés aux services secrets. Le média indépendant Agentstvo a révélé cette information récemment. Un journal hongrois évoque une tentative d’infiltration du nouveau gouvernement. Un agent russe aurait approché un jeune diplômé hongrois récemment. Les services secrets hongrois ont détecté cette tentative de recrutement. En 2022, le ministère hongrois des Affaires étrangères avait été piraté. Les services russes FSB et GRU étaient soupçonnés de cette intrusion.
Un changement de doctrine après la défaite d’Orbán
La dernière expulsion hongroise remontait à l’affaire Skripal en 2018. Un diplomate russe avait alors été renvoyé de Budapest. Le média VSquare évoquait une expulsion discrète dès mai dernier. Après 2022, la Hongrie n’avait pas suivi ses partenaires européens. Viktor Orbán avait perdu les élections législatives en avril dernier. Le nouveau Premier ministre Péter Magyar rapproche désormais son pays de l’UE. La ministre avait déjà désigné la Russie comme une menace directe. Moscou a promis une riposte qualifiée de sévère et douloureuse. Le porte-parole européen Christian Wigand a salué une réaction légitime. Il évoque une campagne persistante d’attaques hybrides russes contre l’UE. Bruxelles assure continuer à coordonner étroitement avec Budapest sur ce dossier.
Aristide HAZOUME