Le gouvernement hongrois doit annoncer ce 5 juin sa position sur une taxe visant les plus grandes fortunes. Promesse phare du Premier ministre Péter Magyar, la mesure entend renforcer la justice fiscale et réduire les inégalités de richesse.
Une réforme fiscale au cœur du programme de Péter Magyar
Le gouvernement hongrois s’apprête à dévoiler sa décision concernant la création d’un impôt sur les grandes fortunes. L’annonce est attendue ce vendredi 5 juin par le ministre des Finances, András Kármán. Cette réforme figurait parmi les engagements majeurs de campagne du Premier ministre Péter Magyar. Son parti avait promis une refonte du système fiscal après sa victoire électorale, qui a mis fin à plus de quinze ans de pouvoir de Viktor Orbán. Le projet prévoit une taxe annuelle de 1 % sur la part du patrimoine dépassant un milliard de forints, soit environ 2,5 à 3 millions d’euros. L’impôt concernerait les biens détenus en Hongrie comme à l’étranger. Propriétés, actions, yachts, avions privés et objets de luxe seraient intégrés dans l’assiette fiscale.
Justice sociale et réduction des inégalités
Le gouvernement présente cette mesure comme un instrument de justice sociale. Péter Magyar affirme qu’il ne s’agit pas d’une sanction, mais d’un effort de solidarité nationale. L’exécutif étudie également d’autres ajustements fiscaux, parmi lesquels la réduction de certains avantages fiscaux et un allègement de la pression sur les ménages modestes. Actuellement, la Hongrie applique un impôt sur le revenu unique de 15 %. Ce système est régulièrement critiqué pour son faible niveau de progressivité. Le pays affiche aussi l’un des taux de TVA les plus élevés de l’Union européenne.
Inspirée des travaux de l’économiste français Gabriel Zucman, cette réforme intervient alors que plusieurs pays européens débattent d’une taxation accrue des très grandes fortunes. En France, des propositions similaires ont récemment suscité de vifs débats sans aboutir à un consensus politique. L’annonce gouvernementale de ce 5 juin pourrait marquer une étape importante dans la politique fiscale hongroise et dans la lutte contre les inégalités patrimoniales.
Aristide HAZOUME