La justice française a mis en examen la filiale suisse de HSBC pour blanchiment en bande organisée. La banque est soupçonnée d’avoir facilité des opérations liées aux détournements présumés de fonds publics impliquant l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Une caution de 80 millions d’euros a été versée par l’établissement.
La justice française intensifie son enquête
La filiale suisse de HSBC a été mise en examen à Paris, une information confirmée par le Parquet national financier (PNF). L’établissement est poursuivi pour blanchiment en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs. Selon le PNF, les faits visés portent sur des soupçons de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et d’actes de corruption. Dans le cadre de cette procédure, HSBC a versé 80 millions d’euros – une somme destinée à couvrir d’éventuelles réparations futures. La banque britannique a affirmé sa coopération avec les autorités judiciaires, sans formuler de commentaire sur le fond du dossier. Ouverte en juillet 2021, l’enquête française s’inscrit dans un vaste dispositif judiciaire international. Des investigations parallèles sont menées au Liban et dans plusieurs pays européens.
Riad Salamé, personnage clé du dossier
En mai 2023, la justice française a émis un mandat d’arrêt international contre Riad Salamé. Les magistrats soupçonnent l’ancien gouverneur de la Banque du Liban (1993-2023) d’avoir constitué un important patrimoine à l’étranger, notamment en Europe et aux États-Unis, via un système financier complexe destiné à dissimuler l’origine de fonds présumés détournés.
Régulièrement accusé par ses opposants d’avoir joué un rôle majeur dans la crise financière libanaise, Salamé a été détenu au Liban pendant un an, puis libéré après le versement d’une caution record. En janvier dernier, la justice libanaise a ordonné son renvoi devant un tribunal, le soupçonnant d’avoir détourné 44 millions de dollars. L’ONG Sherpa a salué la mise en examen de HSBC, estimant que cette décision pourrait favoriser la restitution d’avoirs au profit du peuple libanais. Riad Salamé continue, pour sa part, de rejeter l’ensemble des accusations portées contre lui.
Aristide HAZOUME