Asile en France : La répartition régionale progresse
La Cour des comptes dresse un bilan globalement positif de la répartition territoriale des demandeurs d’asile. Dans un rapport publié le 12 juin 2025, l’institution souligne les avancées obtenues depuis 2021. Elle pointe toutefois plusieurs limites concernant l’hébergement et le suivi des personnes orientées hors d’Île-de-France.
Une meilleure répartition des demandeurs d’asile dans les régions
La France poursuit sa politique de déconcentration des demandes d’asile. Depuis 2021, les autorités appliquent un système d’orientation régionale dont l’objectif est de réduire la pression en Île-de-France. En 2020, cette région concentrait à elle seule 46 % des demandes d’asile, alors qu’elle ne disposait que de 19 % des capacités nationales d’hébergement. Le dispositif permet désormais aux demandeurs enregistrés en région parisienne d’être accueillis ailleurs. En échange, ils bénéficient d’un accompagnement administratif et social.
Selon la Cour des comptes, les résultats sont globalement satisfaisants : les objectifs d’accueil fixés aux régions sont majoritairement atteints. En 2024, près de 18 000 personnes ont accepté cette orientation, et 70 % des demandeurs d’asile ont ainsi obtenu un hébergement. Les quotas régionaux reposent sur plusieurs critères chômage, démographie, capacités locales, mais la juridiction financière constate que certains candidats refusent encore l’orientation. Les raisons évoquées sont souvent liées à l’emploi ou aux réseaux communautaires présents en Île-de-France. La Cour recommande désormais d’étendre ce mécanisme aux Hauts-de-France, une région qui fait face à une saturation progressive de ses capacités d’accueil.
Les sas régionaux montrent leurs limites
Le rapport analyse également les sas régionaux créés pour les personnes sans abri. Ces structures temporaires accueillent les exilés évacués des campements d’Île-de-France. Dix centres sont actuellement répartis sur le territoire, et entre 2023 et 2025, environ 8 000 personnes ont bénéficié du dispositif. La Cour des comptes considère cette mesure comme une avancée importante : elle a permis de réduire la pression sur l’hébergement d’urgence francilien, tout en offrant aux bénéficiaires un accompagnement sanitaire, social et administratif.
Cependant, plusieurs insuffisances persistent. Seul un tiers des places disponibles a été utilisé. Certaines structures restent inadaptées aux besoins des familles, d’autres rencontrent des difficultés d’organisation. La juridiction regrette aussi l’absence de suivi après la sortie des centres : aucun dispositif ne permet d’évaluer le parcours des bénéficiaires sur le long terme. Cette situation alimente les inquiétudes des associations, qui signalent régulièrement des retours à la rue ou en Île-de-France après l’hébergement temporaire.
Aristide HAZOUME





