Au Kenya, les cuisinières électriques et les fourneaux améliorés progressent. Le financement carbone rend ces équipements plus abordables. Près d’un milliard d’Africains restent pourtant dépendants des combustibles polluants.
La cuisson propre gagne du terrain au Kenya. À Nairobi, Mary Kavutha a abandonné son fourneau à charbon pour une cuisinière à induction. Elle souligne la rapidité, la sécurité et les économies. Cette transition s’appuie sur un levier financier : les crédits carbone. Les réductions d’émissions sont converties en crédits puis vendues. Ces revenus réduisent le prix des équipements. L’entreprise BURN a distribué plus de 6 millions d’appareils dans 12 pays africains. Son fondateur, Peter Scott, juge ce financement essentiel pour généraliser la cuisson propre.
Un modèle porté par les financements internationaux
En juillet 2025, la Banque africaine de développement a validé un programme majeur. Un don de 4 millions de dollars finance le déploiement de 115 000 cuisinières à induction au Kenya, en Ouganda et en Zambie. Ce modèle préfinance les appareils. Les coûts sont ensuite récupérés via la vente de crédits carbone. L’Agence internationale de l’énergie a annoncé 900 millions de dollars de nouveaux engagements en juillet 2026. Plus de 30 gouvernements africains ont adopté 121 nouvelles politiques depuis 2024. Le Kenya a intégré la cuisson propre dans sa politique énergétique 2025-2034.
Des réserves persistent
La dépendance aux crédits carbone fait débat. Des experts estiment ce mécanisme insuffisant pour une transition rapide à grande échelle. Près d’un milliard de personnes en Afrique cuisinent encore au bois ou au charbon. La pollution de l’air intérieur cause environ 2,9 millions de décès prématurés par an. L’AIE estime qu’un accès universel en Afrique est possible d’ici 2040. Cela exige des investissements durables et des politiques renforcées. Le défi reste considérable pour des centaines de millions de foyers.
Aristide HAZOUME