Varsovie a officiellement demandé aux États-Unis l’extradition de Zbigniew Ziobro, ancien ministre de la Justice, en fuite depuis mai 2026. L’homme politique, visé par 26 chefs d’accusation pour détournement de fonds et abus de pouvoir, est accusé d’avoir notamment acheté le logiciel espion Pegasus pour surveiller ses opposants politiques.
Le parquet polonais a confirmé lundi 27 juillet avoir transmis une demande d’extradition par voie diplomatique . L’ancien garde des Sceaux, en poste entre 2015 et 2023 sous le gouvernement nationaliste du PiS, est soupçonné d’avoir utilisé l’argent du fonds d’aide aux victimes pour des achats politiques . Son immunité parlementaire a été levée en novembre 2025, ouvrant la voie à son placement en détention provisoire .
Les accusations : une affaire d’État
Les charges contre Zbigniew Ziobro incluent la direction d’un groupe criminel organisé au sein du ministère . Il est accusé d’avoir détourné près de 40 millions de dollars de fonds publics . Une partie de cet argent aurait servi à financer l’acquisition du logiciel Pegasus pour espionner journalistes et opposants . La Commission européenne avait régulièrement épinglé la Pologne pour ses atteintes à l’État de droit sous son mandat.
Une fuite rocambolesque
Mis en cause, Zbigniew Ziobro a d’abord fui en Hongrie où il avait obtenu l’asile politique . Proche allié de Viktor Orban, il a changé de stratégie après la défaite électorale de ce dernier en avril 2026. Il s’est alors réfugié aux États-Unis le 9 mai, jour de l’investiture du nouveau Premier ministre hongrois . La Pologne a depuis annulé ses documents de voyage. L’extradition demandée ne porte que sur 19 des 26 chefs d’accusation, selon les critères du traité d’extradition de 1996 liant les deux pays .
Aristide HAZOUME