Sécurité

L’AES intensifie les frappes aériennes après attaques au Mali

L’Alliance des États du Sahel (AES) annonce des frappes aériennes intensives au Mali, en réponse à des attaques coordonnées ayant visé plusieurs villes du pays. Des groupes jihadistes et séparatistes sont accusés d’être responsables de cette escalade. Alors que la situation sécuritaire se dégrade fortement dans le nord, les autorités des pays membres promettent une riposte ferme et coordonnée.

Offensive jihadiste et riposte aérienne de l’AES

L’Alliance des États du Sahel confirme des frappes aériennes intensives contre des groupes jihadistes liés à Al‑Qaïda, ainsi que contre des combattants séparatistes touaregs. Les attaques initiales ont eu lieu le 25 avril 2026, touchant simultanément Gao, Ménaka et Kidal. Un communiqué officiel évoque des « opérations coordonnées et vigoureuses » lancées quelques heures seulement après les assauts ennemis. Le week‑end dernier, des groupes armés ont lancé une offensive majeure, prenant le contrôle de la ville stratégique de Kidal. Il s’agit de la plus importante offensive dans la région depuis quinze ans. Lors de ces affrontements, le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a été tué, un choc politique et militaire pour le pays.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger forment l’AES, une alliance régionale créée pour lutter contre les groupes armés jihadistes. La force conjointe compte environ 5 000 soldats opérationnels, mais ses effectifs viennent d’être portés à 15 000 récemment. Les autorités nigériennes ont salué la rapidité de la réponse des forces conjointes, tandis qu’à Niamey, une mobilisation populaire a exprimé son soutien au Mali : des centaines de personnes ont scandé des slogans hostiles aux terroristes et aux puissances étrangères.

Crise diplomatique et réactions internationales

Le porte‑parole du Front de libération de l’Azawad a appelé le Niger et le Burkina Faso à « rester en retrait » du conflit malien, une déclaration intervenue après le début des hostilités. Les trois pays membres de l’AES sont dirigés par des juntes issues de coups d’État récents, ce qui complique les relations avec certains partenaires internationaux. Lors des funérailles du ministre Sadio Camara, un responsable burkinabè a promis des représailles : « Les auteurs seront traqués sans relâche ».

Au Niger, les autorités ont annulé les célébrations du 1er mai en raison des préoccupations sécuritaires. Parallèlement, des organisations civiles dénoncent un manque de solidarité internationale et réclament le retrait de certaines influences étrangères dans la région. Les autorités nigériennes accusent des puissances étrangères notamment la France d’ingérence. Paris rejette fermement toute implication dans les attaques récentes. La situation reste volatile dans le nord du Mali, et les opérations militaires devraient se poursuivre dans les prochains jours.

Aristide HAZOUME

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