Les Islandais ont rejeté la reprise des négociations d’adhésion à l’UE. La Première ministre s’engage à respecter ce choix démocratique.
L’Islande ne rouvrira pas les négociations avec Bruxelles. Le « non » l’a emporté avec 52,8 % des voix lors du référendum du 29 août . La participation a atteint 82,5 %, un record depuis les élections de 2009 . Ce scrutin consultatif ne portait pas sur l’adhésion elle-même mais sur la reprise des pourparlers. Une victoire du « oui » aurait donné mandat au gouvernement pour relancer le processus . La Première ministre Kristrun Frostadottir, qui s’était engagée à respecter le vote, a confirmé que la question ne serait pas réexaminée sous ce mandat .
Les raisons du rejet
La pêche, pilier de l’économie islandaise, a pesé lourd dans le scrutin. Les opposants redoutaient de devoir céder le contrôle des eaux territoriales à la politique commune de l’UE . Le gouvernement avait promis de négocier un régime dérogatoire, sans parvenir à rassurer les électeurs . Les résultats montrent un clivage géographique marqué. Reykjavik a voté pour la reprise, mais les circonscriptions rurales ont massivement rejeté le projet .
Bruxelles respecte le verdict
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a assuré que l’UE « respecte pleinement le choix démocratique » des Islandais . Il a réaffirmé que l’Islande demeure « l’un des partenaires les plus proches et les plus fiables » du bloc . Le gouvernement islandais n’a pas encore décidé s’il retirera formellement sa candidature, déposée en 2009 et suspendue depuis 2013 . La ministre des Affaires étrangères doit consulter la commission parlementaire sur les prochaines étapes .
Aristide HAZOUME