Société

Washington restreint les visas des responsables sud-africains

Le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé mardi de nouvelles restrictions de visas visant des responsables sud-africains. Washington accuse Pretoria de discriminations raciales contre les Afrikaners blancs. L’Afrique du Sud dément toute persécution.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé mardi 15 septembre une nouvelle politique de restrictions de visas. La mesure cible des ressortissants sud-africains accusés de discriminations raciales. Elle vise aussi les responsables de saisies de terres sans compensation. Cette annonce accentue des relations déjà très tendues entre Washington et Pretoria.

Un cadre juridique fondé sur un décret présidentiel

La décision s’appuie sur le décret exécutif 14204 signé par Donald Trump. Ce texte s’intitule « Lutter contre les actions flagrantes de la République d’Afrique du Sud ». La restriction s’applique sous l’article 212(a)(3)(C) de la loi sur l’immigration. Des membres de la famille des personnes visées pourraient aussi être concernés. Rubio a déclaré que Pretoria « n’a pas répondu de manière adéquate » aux préoccupations américaines. Il a évoqué des lois jugées discriminatoires et des menaces de saisie foncière. Des chants et slogans sont qualifiés d’incitation à la violence. Washington n’a cité aucun nom. Aucune loi sud-africaine précise n’a été identifiée comme déclenchant automatiquement ces restrictions. La mesure établit donc un cadre pour de futures sanctions. Il ne s’agit pas d’une interdiction générale visant tous les voyageurs sud-africains.

Une escalade diplomatique depuis 2025

Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Washington a coupé une partie de son aide bilatérale. Des droits de douane de 30 % ont été imposés sur les produits sud-africains. L’ambassadeur sud-africain aux États-Unis a été expulsé. En mai 2025, Washington a accordé le statut de réfugié à un groupe d’Afrikaners. Plus de 7 700 Afrikaners ont été admis aux États-Unis depuis juin 2026. Pretoria rejette les accusations de persécution. Le gouvernement affirme que la réforme agraire vise à corriger les inégalités héritées de l’apartheid. L’ambassadeur américain en Afrique du Sud, Leo Brent Bozell III, a averti que ces restrictions ne sont qu’un début. Pretoria n’a pas encore réagi officiellement.

Aristide HAZOUME

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