Vera : L’IA française qui lutte la désinformation
Alors que les deepfakes et les hallucinations des IA génératrices polluent le débat public, une ONG française lance “Vera”. Ce chatbot d’un nouveau genre promet une vérification des faits instantanée, rigoureuse et, surtout, basée uniquement sur des sources certifiées.
Les intelligences artificielles classiques comme ChatGPT, Gemini ou Grok sont souvent pointées du doigt pour leur manque de fiabilité. En l’absence de réponse précise, ces outils ont tendance à “inventer” des faits, un phénomène appelé hallucination. Pour contrer cette dérive, l’ONG française La Réponse. tech a déployé en novembre 2024 Vera. Contrairement à ses concurrents, Vera refuse de spéculer : si aucune source fiable n’est disponible, l’IA préfère admettre son ignorance plutôt que de propager une erreur.
Si Vera ne trouve pas d’informations fiables, elle va simplement dire : ‘Je n’ai pas trouvé l’information’. C’est ce qui fait qu’on n’a quasiment pas d’hallucination”, explique Florian Gauthier, cofondateur du projet. L’utilisation de Vera se veut universelle et simplifiée pour atteindre tous les publics, notamment via les réseaux sociaux en envoyant un message via Instagram, en enregistrant le numéro 09 74 99 12 95 et la téléphonie par appel téléphonique pour une vérification orale . L’IA comprend la question posée par l’utilisateur. Elle scanne une base de 500 sources d’informations vérifiées. Elle rédige une réponse courte et cite ses sources (médias reconnus ou agences de fact-checking).
Le succès de Vera repose sur la qualité de son corpus. L’ONG ne laisse rien au hasard et s’appuie sur des standards internationaux pour sélectionner ses sources . Il s’agit de: Organismes de Fact-checking EFCSN (Europe) et IFCN (International) ; Médias d’information ; Liste Courrier International& Journalism Trust Initiative (JTI) . À titre d’exemple, interrogée sur la validité des élections américaines de 2020, Vera renvoie directement aux conclusions de la CISA (agence de cybersécurité américaine) et à un article de l’AFP Factuel, confirmant la sécurité du scrutin.
Née au lendemain des législatives françaises de 2024, marquées par une désinformation massive, Vera s’exporte déjà. L’application a été déployée en Côte d’Ivoire et en Guinée pour accompagner les processus électoraux de fin 2025. En France, le défi est immédiat : avec les élections municipales de mars 2026, l’ONG prévoit de traiter entre 60 000 et 140 000 questions d’internautes en un seul mois. Si Vera ne traite pas encore les deepfakes vidéo ou image, elle s’impose déjà comme l’alliée indispensable pour démêler le vrai du faux dans les affirmations textuelles qui saturent nos écrans.
Secondine GOZINGAN




