Des difficultés d’approvisionnement en carburant touchent le nord-ouest de Madagascar, notamment à Nosy Be, Majunga (Mahajanga) et Ambanja. Les autorités évoquent un rationnement temporaire, et non une pénurie, et annoncent un retour à la normale avec l’arrivée de nouveaux stocks.
Files d’attente et essor du marché parallèle
À Majunga, de longues files d’attente se forment devant les stations-service. Dès le matin, de nombreux automobilistes repartent sans avoir pu faire le plein. Certains se tournent alors vers le marché noir, où les prix doublent, ce qui pèse lourdement sur les activités économiques locales. Dans l’archipel de Nosy Be, plusieurs vedettes maritimes restent à quai. Le manque de carburant perturbe les liaisons inter-îles, exerçant une pression supplémentaire sur un secteur touristique déjà fragilisé.
Une hausse de la consommation à l’origine des tensions
Selon les opérateurs, ces perturbations résultent d’une augmentation imprévue de 30 % de la consommation en mars, qui a déséquilibré les stocks d’essence sans plomb. Un rationnement a donc été instauré pour préserver les réserves disponibles. Un pétrolier arrivé le 13 avril avec 80 millions de litres a cependant permis d’améliorer la situation dans la capitale et sur la côte est. Désormais, le principal défi reste l’acheminement du carburant vers les zones enclavées.
Livraisons en cours pour rétablir l’équilibre
Un caboteur est actuellement en route vers Majunga et devrait accoster avant la fin de la semaine. Un second navire est attendu entre le 26 et le 29 avril pour ravitailler Diego-Suarez (Antsiranana) et Nosy Be. Les délais logistiques restent contraignants : plusieurs jours sont nécessaires entre le déchargement et la redistribution. Par ailleurs, des camions-citernes ont été déployés depuis Antananarivo pour accélérer les livraisons.
Risques liés au stockage et fin de l’état d’urgence
Face aux tensions, une surconsommation et des pratiques de stockage domestique sont observées. Les autorités alertent sur les dangers liés à la manipulation de produits inflammables. L’état d’urgence énergétique, décrété le 7 avril en lien avec la crise au Moyen-Orient, doit prendre fin le 22 avril. Les opérateurs estiment qu’une prolongation n’est guère nécessaire, compte tenu des approvisionnements en cours.
Aristide HAZOUME