Société

Algérie : L’écrivain Kamel Daoud condamné à trois ans de prison

L’auteur du roman Houris, primé en 2024, annonce sa condamnation par la justice algérienne à trois ans d’emprisonnement ferme. L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud affirme avoir été condamné en Algérie à une peine de trois ans de prison ferme, ainsi qu’à une amende de cinq millions de dinars. Selon ses déclarations publiées sur le réseau X, le verdict aurait été rendu le 21 avril 2026, à l’issue d’une audience tenue le 7 avril.

Un roman au cœur de la procédure

L’affaire trouve son origine dans son roman Houris, lauréat du prix Goncourt en 2024. L’ouvrage aborde une période sensible de l’histoire algérienne, en s’inspirant notamment de récits liés à la guerre civile des années 1990. Une plainte a été déposée en 2024 contre l’écrivain et son épouse, psychiatre de profession. La procédure porte sur la divulgation présumée d’informations confidentielles concernant une patiente suivie par son épouse.

Contexte juridique et restrictions

Houris ne peut pas être publié en Algérie. Il contreviendrait à la législation encadrant les écrits relatifs à la guerre civile, une période souvent appelée la « décennie noire » (1992-2002), qui a fait environ 200 000 morts. Les autorités algériennes appliquent la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui limite certains récits publics. Ainsi, le contenu du roman se trouve au cœur des poursuites judiciaires engagées contre l’auteur.

Procédures en cours et mandats internationaux

Par ailleurs, Kamel Daoud fait face à d’autres actions judiciaires. Deux mandats d’arrêt internationaux ont été émis en 2025 par les autorités algériennes, dans le cadre de la même affaire. En France, une procédure distincte est également en cours, portant sur le respect de la vie privée.

Situation actuelle

Aucune confirmation officielle indépendante n’est venue étayer ces informations, qui reposent pour l’instant sur les seules déclarations de l’écrivain. L’affaire reste suivie de près dans les milieux littéraires et judiciaires, tant elle soulève des enjeux sensibles liés à la liberté de création et au droit.

Aristide HAZOUME 

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