La Russie a débuté, mardi 19 mai, d’importants exercices militaires à caractère nucléaire. Plus de 65 000 soldats sont mobilisés, et des missiles balistiques ainsi qu’hypersoniques seront testés. Ces manœuvres interviennent dans un contexte de fortes tensions avec l’Ukraine et l’OTAN.
Moscou déploie des moyens militaires considérables
Le ministère russe de la Défense a annoncé le lancement des exercices le 19 mai. Ils se déroulent jusqu’au 21 mai sur plusieurs sites militaires. Selon Moscou, ces manœuvres s’inscrivent dans la préparation nucléaire stratégique du pays. Elles mobilisent plus de 65 000 militaires, 7 800 équipements, ainsi que plus de 200 lanceurs de missiles. Des avions stratégiques, des navires et des sous-marins nucléaires sont également déployés. Des tirs d’essai de missiles balistiques et de croisière sont programmés.
Le ministère russe affirme préparer une réponse à une éventuelle agression extérieure. Les autorités évoquent aussi des exercices conjoints avec la Biélorussie, où des armes nucléaires russes restent déployées. Par ailleurs, le président Vladimir Poutine doit effectuer une visite officielle en Chine quelques heures après le début des manœuvres.
Une escalade régionale toujours plus vive
Ces exercices ont lieu alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine dure depuis plus de quatre ans. Depuis le début de l’offensive, Moscou multiplie les avertissements nucléaires, ses responsables évoquant régulièrement l’usage potentiel de telles armes. L’expiration du traité New Start, en février dernier, renforce les inquiétudes internationales quant à l’équilibre stratégique mondial.
La Biélorussie a confirmé lundi le déroulement des manœuvres conjointes, affirmant qu’elles ne menacent aucun pays voisin. L’an dernier, Moscou avait déployé le missile hypersonique Oreshnik (orthographié « Orechnik ») en Biélorussie, pays frontalier de plusieurs membres de l’OTAN Pologne, Lettonie et Lituanie, qui restent particulièrement vigilants. Samedi dernier, la Russie a par ailleurs subi d’importantes attaques de drones ukrainiens, Kiev répondant à des frappes russes meurtrières contre sa capitale.
Aristide HAZOUME