Le nord du Rwanda subit une multiplication des glissements de terrain et des coulées de boue. En particulier, les districts de Nyabihu et Nyundo restent les plus exposés. Par conséquent, les intempéries aggravent la précarité des populations rurales et déplacées, déjà fragilisées par des années d’instabilité climatique.
En effet, les fortes précipitations touchent régulièrement les régions montagneuses du nord rwandais. Ainsi, infrastructures scolaires, habitations et terres agricoles subissent des dégâts importants chaque année.
En mars 2026, le village de Vunga dévasté
À titre d’exemple, le village de Vunga a été frappé par une importante coulée de boue en mars 2026. En cause, la rivière Kazirankara avait débordé après plusieurs jours de pluies torrentielles. Il en a résulté qu’une école primaire a été partiellement ensevelie sous une épaisse couche de boue. Face à cette urgence, des centaines d’élèves ont été évacués par les autorités locales. Par ailleurs, dans plusieurs villages, les habitants dénoncent une aggravation constante des catastrophes naturelles. Cependant, les familles déplacées attendent toujours des solutions durables promises par l’État. À cet égard, Marie-Claire, déplacée avec ses quatre enfants, réclame des infrastructures de protection contre les inondations. Selon elle, une terre autrefois fertile est devenue aujourd’hui dangereuse et instable.
De plus, à Kavoma, l’agriculture reste fortement perturbée depuis le glissement de terrain de 2022, de lorsqu’environ 160 000 mètres cubes de terre avaient dévalé les collines. En conséquence, les récoltes demeurent faibles et les revenus agricoles presque inexistants dans plusieurs localités rurales. Ainsi, les habitants dénoncent des conditions de vie extrêmement difficiles.
Les autorités accélèrent les programmes de relogement
Face à cette situation, les autorités rwandaises reconnaissent l’ampleur croissante des risques climatiques et géologiques. Néanmoins, plusieurs zones restent exposées aux inondations, glissements et activités sismiques. À ce sujet, Christine Hitamana Niyotwambaza a souligné la vulnérabilité particulière des régions montagneuses du pays. Par ailleurs, les volcans actifs voisins accentuent également les risques naturels dans cette région. Pour y remédier, le gouvernement poursuit actuellement des programmes de relogement dans plusieurs districts affectés. Ainsi, de nouveaux logements sont en construction pour accueillir les familles déplacées. Malgré ces efforts, les communautés locales continuent de subir des perturbations répétées, les phénomènes météorologiques extrêmes gagnant progressivement en intensité au Rwanda.
Aristide HAZOUME