La Mission internationale indépendante d’établissement des faits des Nations unies affirme que les atrocités commises à El-Fasher, au Darfour, présentent désormais les caractéristiques d’un génocide. L’organisation documente massacres, violences sexuelles et enlèvements attribués aux Forces de soutien rapide (FSR). Une enquête est également ouverte sur les exactions présumées à El-Obeid, où la situation sécuritaire continue de se détériorer.
L’ONU documente des crimes d’une gravité exceptionnelle
Les Nations unies durcissent leur ton face à la guerre qui ravage le Soudan. Mercredi, le porte-parole de l’organisation, Stéphane Dujarric, a présenté les principales conclusions du dernier rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits. Selon les enquêteurs, les violences perpétrées à El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, répondent désormais aux critères juridiques du génocide. Le rapport détaille des attaques systématiquement planifiées contre des populations civiles, principalement issues de communautés non arabes.
Les investigations font état de massacres de grande ampleur, d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, d’enlèvements de femmes et de jeunes filles, ainsi que de viols collectifs. Les experts estiment que ces crimes s’inscrivent dans une stratégie délibérée, attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR). La Mission souligne que les preuves recueillies témoignages de survivants, analyses forensiques et éléments matériels collectés pendant plusieurs mois démontrent une intention claire de détruire partiellement des groupes ethniques protégés par le droit international.
Une enquête urgente ouverte sur El-Obeid
Parallèlement, l’ONU s’alarme de l’escalade des combats à El-Obeid, capitale du Kordofan du Nord. La ville subit une pression militaire croissante et fait face à une dégradation humanitaire dramatique. Les enquêteurs affirment avoir reçu des informations crédibles concernant des exécutions sommaires, des actes de torture, des violences sexuelles, des enlèvements et des pillages systématiques. Une enquête d’urgence a été diligentée afin d’identifier les responsables.
Cette initiative fait suite à une récente résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. La Mission réclame une coopération rapide avec la Cour pénale internationale (CPI) pour que les auteurs présumés de ces crimes répondent de leurs actes devant la justice. Les investigations se poursuivent sur l’ensemble du territoire soudanais. De nouveaux rapports seront prochainement soumis au Conseil des droits de l’homme et à l’Assemblée générale des Nations unies.
Aristide HAZOUME