Société

Rome : Des statues de glace dénoncent l’inaction climatique

Devant le Colisée, trois sculptures de glace représentant des travailleurs en plein air ont fondu sous un soleil de plomb. Une action coup de poing de Greenpeace Italie et du syndicat CGIL pour alerter sur les dangers des vagues de chaleur, alors que l’Italie suffoque sous des températures dépassant localement les 40 °C.

Des symboles qui fondent sous le poids de la réalité

Agriculteur, ouvrier du bâtiment, livreur à vélo : ces trois statues de glace, installées mercredi devant le Colisée, n’ont pas résisté longtemps à la chaleur écrasante de Rome. En quelques heures, elles se sont transformées en flaques d’eau, sous les yeux de passants interpellés par cette mise en scène glacée.

À l’origine de cette action spectaculaire : Greenpeace Italie et la CGIL, le principal syndicat du pays. Leur objectif ? Dénoncer les conditions de travail intolérables imposées à des milliers de salariés exposés quotidiennement aux épisodes de chaleur extrême. Pancartes en main, les manifestants scandaient un message sans équivoque : « Les multinationales des énergies fossiles s’enrichissent, nous, nous fondons. »

« Accélérer la sortie des énergies fossiles »

Sur place, la militante Simona Abbate a appelé à une rupture nette avec les énergies fossiles. Elle réclame également une fiscalité accrue sur les géants pétroliers et gaziers, dont les bénéfices records devraient, selon elle, être réinvestis dans des fonds d’adaptation climatique. « Ce sont les travailleurs les plus vulnérables qui paient le prix fort d’un système économique qui refuse de changer », a-t-elle martelé.

Natale Di Cola, représentant de la CGIL, a renchéri : « Les vagues de chaleur ne sont pas seulement un danger sanitaire, elles menacent aussi la pérennité des emplois et la dignité des travailleurs. » Un cri d’alarme alors que plusieurs villes italiennes, dont Rome, sont placées en alerte rouge maximale.

Une Europe qui se réchauffe deux fois plus vite

Cette mobilisation intervient en pleine nouvelle canicule, la troisième de l’été. À Rome, des brumisateurs et des dispositifs de rafraîchissement avaient déjà été installés près du Colisée pour protéger touristes et habitants lors des précédents épisodes. Mais ces mesures ponctuelles ne suffisent plus, souligne Greenpeace.

L’organisation rappelle que les épisodes de stress thermique se multiplient, avec des conséquences directes sur la santé des populations, en particulier celles qui travaillent en extérieur. Selon le service européen Copernicus, l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde, avec un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Une tendance qui aggrave les risques sanitaires, économiques et sociaux, et rend plus urgent que jamais une véritable politique de transition énergétique.

Aristide HAZOUME

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