Le maire-président de Melilla, Juan José Imbroda, a proposé lundi la création d’une zone neutre de 500 mètres à la frontière marocaine. Cette initiative fait suite à l’afflux historique de migrants à Ceuta, qui a fait au moins 88 morts et suscité une crise diplomatique entre Madrid et Rabat.
Au lendemain de l’une des plus graves crises migratoires jamais enregistrées à Ceuta, le dirigeant de l’enclave voisine de Melilla appelle à une refonte des dispositifs sécuritaires. Entre 40 000 et 75 000 migrants ont franchi la frontière ces derniers jours selon les sources. Un bilan humain lourd a été déploré : l’Espagne recense 72 morts, tandis que le Maroc en dénombre officiellement 11.
Un appel à la sécurité renforcée
Juan José Imbroda estime que cette vague rend nécessaires de nouvelles mesures aux frontières des deux enclaves espagnoles. La zone neutre proposée permettrait de mieux contrôler les flux. En attendant, environ 69 500 migrants ont déjà été renvoyés vers le Maroc. Par ailleurs, 862 mineurs non accompagnés restent dans l’enclave. Leur accueil dépasse de 2 872 % les capacités habituelles.
La justice marocaine se saisit du dossier
Le tribunal de première instance de Tétouan a ouvert des poursuites contre 25 suspects. Sept d’entre eux sont accusés de résistance armée, de violences sur agents et de destruction de biens publics . Deux autres font face à des accusations de trafic de migrants et de transport illégal. L’enquête cherche à identifier les organisateurs des franchissements massifs. La justice tente également d’éclaircir les conditions de ces passages, que les autorités marocaines attribuent en partie à une “interprétation erronée” d’une récente décision de la Cour suprême espagnole .
Aristide HAZOUME