Le chef de l’opposition tanzanienne a entamé sa défense vendredi devant la Haute Cour de Dar es Salaam. Il dénonce des poursuites motivées par son combat pour les réformes électorales.
Tundu Lissu, président du parti Chadema, est poursuivi pour trahison. Cette accusation est passible de la peine de mort en Tanzanie . La Haute Cour a estimé que l’accusation avait présenté des éléments suffisants . L’opposant de 59 ans assure lui-même sa défense .
Des accusations liées à la campagne électorale de 2025
Les faits remontent au 3 avril 2025. Lissu aurait tenu des propos incitant à empêcher la tenue de l’élection présidentielle . « Si l’on dit que cette position est une rébellion, c’est vrai », aurait-il déclaré . Le parquet estime que ces propos constituent une menace contre le gouvernement . Avant les élections de novembre 2025, le parti Chadema avait lancé la campagne « Pas de réformes, pas d’élections » . Cette mobilisation réclamait des transformations du système électoral. Elle a conduit à l’arrestation du leader de l’opposition en avril 2025 .
La présidente Samia Suluhu Hassan comme témoin
L’opposant souhaite faire comparaître onze hauts responsables d’État . Parmi eux figure la présidente Samia Suluhu Hassan . Le parquet s’oppose fermement à cette requête. Il invoque la loi sur les affaires présidentielles qui protège la cheffe de l’État . Lissu a également dénoncé ses conditions de détention. Il affirme ne pas pouvoir rencontrer librement ses avocats et ses témoins . « Si je ne peux pas les voir en privé, ce ne sera pas un procès équitable », a-t-il déclaré .
Un contexte de violences post-électorales
Cette affaire intervient après les élections d’octobre 2025. Une commission d’enquête a confirmé que 518 personnes ont perdu la vie lors des troubles . La majorité des victimes sont des civils atteints par balles . L’opposition et les organisations de défense des droits humains dénoncent une répression croissante . Le procès reprendra le 24 août. Lissu poursuivra sa défense. Ses partisans ont scandé des slogans réclamant une nouvelle Constitution et sa libération .
Aristide HAZOUME