Les autorités de l’enclave espagnole ont procédé aux premières inhumations de migrants non identifiés, trois semaines après la tragédie frontalière la plus meurtrière jamais enregistrée en Espagne.
Vendredi, 18 migrants ont été enterrés au cimetière musulman de Ceuta . Toutes les victimes sont des hommes et restent non identifiées. Leurs tombes ont été marquées par des numéros . Cette mesure permettra aux familles de réclamer les corps ultérieurement. L’inhumation s’est déroulée selon le rite islamique. Un religieux a récité des prières . Les employés ont déposé les corps enveloppés de sacs blancs. Les dépouilles ont ensuite été recouvertes de terre.
Plus de 90 morts lors de la crise frontalière
La tragédie remonte à fin juillet, les 30 et 31 juillet . Plus de 72 000 personnes ont alors tenté de rejoindre Ceuta . Ce flux massif depuis le Maroc a fait plus de 90 morts . C’est la crise frontalière la plus meurtrière en Espagne . Certains migrants se sont noyés dans la mer. D’autres ont péri dans une bousculade près d’un poste-frontière . Les autorités espagnoles et marocaines pointent les réseaux sociaux et les passeurs . Les migrants invoquent le chômage et la pauvreté .
L’Association marocaine réclame le rapatriement
L’Association marocaine des droits humains dénonce une “nouvelle tragédie humaine” . Elle exige la suspension des inhumations à Ceuta . L’ONG demande que toutes les identifications soient menées. Elle souhaite le rapatriement des corps vers le Maroc . Les autorités de Ceuta assurent avoir finalisé les démarches nécessaires . Le Maroc n’aurait toutefois pas accepté les formalités. Le ministère marocain des Affaires étrangères n’a pas répondu aux sollicitations de l’Associated Press . D’autres migrants doivent être enterrés prochainement .
La crise humanitaire perdure à Ceuta
La plupart des 72 000 migrants sont retournés au Maroc rapidement . Selon les sources, plusieurs milliers restent toutefois à Ceuta . Les autorités locales estiment le nombre à 10 000 personnes . Le gouvernement espagnol évoque plutôt 5 000 migrants . L’hébergement et la prise en charge restent un défi majeur . De nombreux migrants dorment encore dans les rues . Le gouvernement a ouvert des centres d’accueil pour 1 800 personnes . Le transfert vers ces structures est volontaire.
Aristide HAZOUME