Des forces politiques et civiles soudanaises ont rejeté l’initiative de dialogue du général al-Burhan. Réunies à Addis-Abeba, elles dénoncent une manœuvre de légitimation. Elles proposent leur propre feuille de route pour la paix.
Les organisations de la société civile soudanaise ont claqué la porte au dialogue national proposé par le général Abdel Fattah al-Burhan . Réunies ce week-end dans la capitale éthiopienne, elles jugent cette initiative inacceptable. Les signataires du communiqué dénoncent une tentative de légitimation du chef de l’armée. Arrivé au pouvoir par un coup d’État, il chercherait à consolider son autorité. L’absence des Forces de soutien rapide (RSF) du général Hemedti renforce leurs soupçons . Pour ces mouvements, ce dialogue pourrait sanctionner une partition du pays. Ils estiment qu’il ne répond pas aux causes profondes du conflit qui ravage le Soudan depuis plus de trois ans.
Une contre-proposition en trois axes
Face à l’initiative du général al-Burhan, les acteurs réunis à Addis-Abeba ont élaboré leur propre feuille de route . Celle-ci repose sur trois piliers fondamentaux. Ils exigent d’abord la définition d’un couloir humanitaire d’urgence. Ensuite, ils appellent à un cessez-le-feu permanent. Enfin, ils réclament une gouvernance exclusivement assurée par la société civile. Cette proposition intervient dans un contexte régional tendu. L’armée soudanaise a récemment bombardé des positions des RSF jusqu’au Tchad voisin . Le conflit menace désormais de s’étendre à l’ensemble de la région.
Un contexte sécuritaire toujours critique
La guerre au Soudan a déjà fait des dizaines de milliers de morts. Elle a provoqué le déplacement de plus de 13 millions de personnes. Le rejet du dialogue d’al-Burhan illustre l’impasse politique actuelle . Les initiatives internationales se multiplient sans succès durable. L’accord de paix du Quad, approuvé en février 2026, n’a pas été appliqué sur le terrain . La communauté internationale craint désormais un nouveau massacre au Kordofan .
Aristide HAZOUME