Des milliers de manifestants, menés par des étudiants, réclament la démission du Premier ministre albanais Edi Rama pour corruption. Après 135 jours de protestations pacifiques, le mouvement s’est durci. Le Parlement a suspendu sa session face aux troubles.
Tirana est sous tension depuis lundi 12 octobre 2026. Les étudiants ont lancé une troisième journée consécutive de contestation devant le ministère de l’Éducation. Des affrontements violents ont éclaté avec les forces de l’ordre. La police a utilisé des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des canons à eau. Les manifestants ont incendié des poubelles, détruit des abribus et attaqué une banque. Le Parlement a annulé sa séance plénière par précaution.
Une convergence des colères
Le mouvement est né il y a 170 jours contre un projet immobilier de luxe de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, sur l’île de Sazan. Cette « révolution des flamants roses » dénonçait la corruption et la destruction d’une réserve naturelle. Les étudiants ont rejoint la contestation après 135 jours de protestations pacifiques sans réponse du gouvernement. Leurs revendications portent sur les conditions d’étude, les frais de scolarité et le manque de perspectives d’emploi.
Edi Rama refuse de céder
Le Premier ministre a rejeté les appels à la démission. « Les gouvernements changent par les élections, pas par la révolution », a-t-il déclaré à Reuters. Il dit vouloir écouter les « préoccupations légitimes » des étudiants. Les manifestations se sont étendues à Korçë, Durrës et Lushnjë. Le président Bajram Begaj a appelé au calme et au dialogue.
Aristide HAZOUME